mardi 24 février 2009

La petite histoire du piment en Thaïlande

Je délaisse un peu mon blog ces temps-ci. J'ai un peu moins de temps libre, et puis les "découvertes" se font, avec le temps, un peu plus rares, forcément.


Ceci dit, il est un aspect essentiel de la culture culinaire Thaï que je n'ai toujours pas traité: le piment.

Une grande partie des plats Thaï sont épicés, et, quand ils le sont, les palais délicats s'enflamment. Et c'est encore plus difficile à supporter car, alors que vous êtes en train de boire 3 litres d'eau pour essayer d'éteindre le brasier, vous verrez que la plupart des Thaï rajoutent du piment.

Mais d'où vient cette idée? Comment peut-on détruire à ce point le goût des aliments pour le remplacer par une brûlure?

D'abord, le piment n'est pas dans la cuisine Thaï depuis des temps immémoriaux. Ce sont les Portugais et les Espagnols, au gré de leurs explorations du XVème et XVIème  siècle qui ont amené les piments: depuis l'Amérique du Sud qu'ils étaient en train de Coloniser vers l'Asie, où s'installaient les coptoirs commerciaux Européens.
Le piment a plu et, parfaitement adapté au climat, s'est vite installé dans les habitudes culinaires des Thaï, déjà habitués à "mélanger" les cuisines en provenance des nombreux pays environnants.

L'intérêt du piment dans la cuisine est évident... L'existence de l'expression "pimenter quelque chose" sert à elle seule d'explication.
Pourtant, de notre point de vue, c'est la parcimonie qui s'impose. Notre cuisine est assez attachée aux équilibre de saveurs et s'accomode assez mal de l'éruption volcanique engendrée par un plat très épicé. Il nous est assez difficile de comprendre l'engouement, voire même l'addiction pour cette sensation.
Quand je parle d'addiction, je ne plaisante pas. Il arrive un point où certains n'apprécient plus la nourriture si elle n'est pas épicée. Je connais pas mal de Thaï qui sont dans ce cas, et il y a fort à parier que c'est la même chose pour des pays comme l'Inde ou le Mexique, grand consommateurs de piment. La preuve la plus évidente en Thaïlande, est le fait que les fruits sont vendus avec un petit sachet contenant un mélange de sucre, sel et piment... Les fraises au piment, c'est pas mauvais, mais un peu surprenant.


Des recherches ont été faites sur le sujet. Pourquoi certains aiment-ils tant la nourriture épicée?Ils sont arrivés à la conclusion que le plaisir éprouvé en mangeant épicé est comparable à celui qu'on peut avoir lorsqu'on fait un tour de grand huit. Ils appellent cela le "risque contrôlé". La brûlure du piment est similaire à la sensation d'une réelle brûlure mais de provoque aucun dommage. De même que le grand huit offre la sensation de chuter... sans l'écrasement au sol. Ainsi, petit à petit, le corps s'habituera à cette sensation, elle ne disparaîtra pas, mais ne sera plus associée à un danger.
Car le goût pour le piment s'aqcuiert. Les enfants, ici, commencent progressivement. Les écoles primaires par exemple ne servent pas de nourriture épicée. L'habitude viendra avec le temps.
Avez-vous apprécié le tout  premier verre de vin rouge que vous avez bu? Probablement pas. C'est parce que ces sensations complexes nécessitent du temps.

Moi aussi il m'a fallu du temps. Et après un an passé ici, je suis capable de manger avec plaisir des plats assez épicés (comprenez très épicés suivant notre échelle franchouille) et de survivre à des plats bien corsés (pas loin du nucléaires pour un néophyte).
Je n'ai pas pour autant perdu le goût pour les plats non-épicés. En fait, les chercheurs l'ont montré, l'habitude n'insensibilise pas la langue, elle rend simplement la douleur supportable, voire appréciable.
Oui, on n'est pas loin du masochisme... mais ce genre d'atitude "bizarre" se rencontre tout le temps. Regardez les sportifs, accros aux endorphines, les fous des sports extrèmes, accros à l'adrénaline.
Le piment, c'est un peu le "sport extrème" de la cuisine. Avec l'habitude, on a moins peur. Pour beaucoup, un peu de temps en temps suffit. Pour d'autres, il n'y en a jamais assez.

Ah, et aussi, avec l'habitude du palais, vient l'habitude du reste du système digestif. Je vous passerai les détails, mais il est évident que la disparition des brûlures gastriques et autres sont appréciables.


Conseils Pratiques:
"Bon, tout ça, c'est bien sympa. J'ai bien compris que si on est habitués, ça fait moins mal, mais voilà, moi, je viens en Thaïlande en vacances dans 1 mois, et je vais pas y rester plus de deux semaines, alors comment je fais?".
Pas de panique. Voilà quelques conseils de survie.

1. Prévention:
  • Apprenez à connaître les plats épicés et les plats non épiciés. Il y a en thaïlande de nombreux plats non épicés parfaitement délicieux. Dans le genre "refuge", il y a le "fried rice" (kaow pad gaï, kaw pad moo), le "fried chicken" (gaï yang) avec riz collant (kaow niaow), les brochettes satay ou le "pad thaï" (en général, les sauces picés sont à part).
    Bref, pas mal de plats. Tout cela fera l'objet d'un petit guide illustré avec prononciation, commentaires et niveau de piment... quand j'aurai le temps.

  • Dans le cas du "pad thaï", il peut arriver qu'il soit servi épicé (hé oui, chacun à sa recette, comme le cassoulet). Alors la phrase à ajouter qui sauve la mise c'est "Maï Pett'" (je l'écris à peu près comme vous devez le prononcer). Ca veut dire "pas épicé" et en général, ils vous écouteront. Pourtant, le plat peut s'avérer encore très épicé après cela. En fait, ça dépendra du nombre de touristes qui fréquentent les environs. Si le restaurant est très touristique, il y a des chances que la cuisine soit déjà peu épicée. En revanche, le petit vendeur du fin fond de la rue qui ne voit quasiment jamais de "farang" concluera du "Maï pett'" que vous voulez moins d'un kilo de piment dans votre plat.

  • Triez... Certains plats sont servis avec des gros morcaux de piments. Notamment des verts. Même certains Thaï les laissent à part, car ils sont plus supposés avoir "infusé" dans le plat. Et puis n'ayez pas honte, vous n'êtes pas le premier.
2. Quand c'est trop tard, et qu'il y a le feu
  • Si vous êtes dans un restaurant assez touristique (c à d qu'ils parlent pas trop mal anglais et que la clientèle est pas vraiment locale), et que vous avez spécifiquement précisé "Naï Pett'" ou "Not Spicy", alors retournez le plat... Aimablement mais fermement.

  • Si vous n'avez pas le coeur ou la possibilité de retourner le plat, alors sachez que l'eau n'apporte qu'un réconfort très temporaire. Le plus efficace, c'est le lait "nhom" ou le riz "kaow".
    Petite parenthèse "minute scientifique": La sensation de brûlure est due à la capsaïcine. Celle-ci n'est pas soluble dans l'eau, boire 3 litres d'Evian apaisera mais laissera le "piquant" dans la bouche. Par contre, la caséïne, présente dans les produits laitiers, détache la capsaïcine des neuro-récepteurs, permettant de "laver" la langue et le palais.

  • Vu que vous êtes probablement tout rouge et en train de pleurer, mon dernier conseil est: faites attention à vos doigts. Si par malheur vous avez un peu de piment dessus et que vous vous frottez les yeux, vous allez vous en souvenir pur un bout de temps.

  • Soyez patient... La sensation se dissipe assez rapidement, en fait au bout de 5 minutes en général (mais elles paraissent looooooongues).
Voilà , c'est tout pour aujourd'hui
J'espère que cela vous aidera à apprécier encore plus votre futur séjour en Thaïlande!

lundi 9 février 2009

Conseil aux voyageurs. 3: Les Vêtements

Beaucoup de choses sont vraiment pas chères en Thaïlande... Parmi les bonnes affaires qu'on peut faire à Bangkok, il y a les vêtements.

Magasins, marchés et "malls" proposent tous les styles et tous les prix, du plus cher (les mêmes marques que chez nous...) au ridiculement bon marché.

Quelques conseils, donc, pour en profiter au maximum.

1. Où acheter?
Comme je l'ai dit, les endroits sont nombreux. Néanmoins, au terme d'une enquète approfondie (pour les besoins de ce blog uniquement, bien sûr), il y a quelques endroits qui valent le détour, notamment du fait de la forte concentration de magasins. Forcément plus pratique pour le voyageur au planning un peu serré.

  • MBK: Station de BTS "National Stadium". Un mall de plusieurs étage, rempli de petites échoppes vendant de tout, depuis les t-shirts aux robes de soirées en passant par l'informatique, la maroquinerie et les produits de beauté. On s'y perd un peu facilement, mais il y a vraiment de bonnes affaires, surtout pour les "souvenirs".

  • Platinum: Station de BTS "Ratchatewi" puis prendre un Tuk-tuk en disant "Platinum" (facile). 5 étages uniquement de vêtements, sacs et chaussures.  Acheteuses frénétiques: prévoir un Lexomil d'avance.

  • Siam Square: Station de BTS Siam (a l'opposé de Siam Paragon). Un réseau de petites rues qui est ce qui se rapproche le plus ici de nos "rues commerçantes". Vêtements de meilleure qualité qu'à Platinum et MBK. Plus "mode et créateurs". Les prix restent vraiment inférieurs à chez nous.


  • Chatuchak (JJ): Station de BTS Morchit. Le "week-end market" (donc ouvert uniquement le week-end. En extérieur, des minuscules allés couvertes, qu'il vaut mieux aprenter tôt le matin à la fraîche. Immense, labyrinthique, on trouve TOUT à JJ... Faut juste prendre le temps, car l'organisation par section est moyennement suivie. Bon endroit pour acheter des vêtements "relax"...
2. Qu'acheter?

Là, ça dépend pas mal de vous, en revanche, quelques petites astuces: n'emmenez pas des tonnes de t-shirts et de vêtements légers dans vos bagages. Prévoyez simplement de la place pour en ramener et achetez-les sur place au fur et à mesure de vos besoins. C'est un bon moyen de renouveler cette partie de la garde-robe pour pas cher.

Les filles trouveront ici aussi des chaussures et robes de soirées pour un bon prix. Pas forcément une finition "indestructible" mais on trouvera des paires à 10€ qui supporteront très bien un usage occasionnel.
Ce qui est génial, c'est le choix qui est offert dans cette gamme de prix.

Pour les messieurs, c'est malheureusement un peu plus difficile. Les hommes ici ne sont pas des grands fans de mode (et le climat chaud nous offre moins de possibilités vestimentaires). Donc on trouvera ici t-shirts, shorts, et chemises.
En fait, pour les hommes, je recommenderai la solution "tailleur" (voir ci-après)

ATTENTION: La Thaïlande est aussi le royaume de la copie. Sachez que nos douanes sont particulièrement sensibles à ce sujet, et encore plus lorsqu'il s'agit de marque françaises. En plus de la confiscation, il y a le risque d'amendes assez lourdes. N'achetez pas de "faux" (Dior, Luis Vuitton et autres). C'est parfois frustrant, on aurait bien acheté le produit s'il n'y avait eu l'horrible logo Chanel doré ajouté pour "faire genre". Ca reste fortement vendeur pour de nombreux autres nationalités. Pour nous, c'est à proscrire.

3. Négocier?

Oui... Le prix des vêtements peut se négocier ici. Moins bien si vous êtes touriste, mais un peu quand même. En général, on paut arriver à avoir au moins 10% de ristourne, surtout si on prend plusieurs articles.
Pour demander une réduc', dites "Lott daï maï?".

4. L'autre solution: le sur-mesure.

Comme dans la plupart des pays d'asie, les tailleurs indiens ont des dizaines de magasins sur les principales artères des grandes villes. A Bangkok, il sont surtout aux alentours des quartiers de Nana, Silom et Sathorn.
En tant que touriste, difficile de choisir le bon parmi cette multitude. Les meilleurs tailleurs sont en fait un peu cachés et orientés sur la clientèle locale. Il sera pratiquement impossible de les trouver. Néanmoins, quelques astuces permettent de tirer meilleur partie des "tailleurs pour touriste", et d'obtenir quelque chose de très bonne qualité pour un prix intéressant, globalement inférieur à du prêt à porter de chez nous.

  • Réfléchissez à ce que vous voulez avant de venir. Ils sont très bons quand il s'agit de copier un design déjà existant. Robes, vestes, pantalons, chemisiers. Tout est possible, et si vous venez avec une photo, le résultat n'en sera que meilleur. "Pire": si le magasin qui vend la robe de vos rêves (à un prix astronomique) vous permet de la retourner. Emmenez-là, faites-en une copie et retournez-là au magasin après votre voyage....

  • Pour les hommes, emmenez votre "chemise préferée". Vous pourrez la faire dupliquer aisément, avec le "bonus" de la finition sur mesure.

  • Visitez plusieurs magasins avant de vous décider. Posez des tonnes de questions, assurez-vous qu'ils sont attentifs aux détails que vous donnez. C'est le signe qu'ils feront vraiment ce que vous demandez. Bref, faites jouer la concurrence entre les nombreux tailleurs des environs.

  • Pour les chemises et costumes, soyez, encore une fois, insistant. Les premiers tissus qui vous seront montrés sont les moins chers. Là où ils feront le plus de marges. Même s'ils vous plaisent, faites le difficile. Ils gardent leurs plus belles étoffes plus au fond du magasin. C'est là que l'affaire devient intéressante pour vous, car en général ils ne changeront pas le prix de la chemise, même si le tissu est meilleur. Pour info, une chemise d'homme devrait être à moins de 1000 Bahts (20€... oui oui...)

  • Au niveau timing, ils peuvent travailler très vite, au besoin, mais il faut toujours compter une étape intermédiaire de "fitting" (essayage). Voire 2 "fitting" pour les choses plus compliquées comme les costumes ou les robes. Regardez dans votre emploi du temps de voyage si ça colle.
Le problème du sur mesure, c'est qu'une fois que vous y avez "goûté", c'est difficile de trouver que les vêtements du prêt à porter vous vont bien. Surtout si, comme moi, vous n'êtes pas tout à fait "standard".

Bref, un peu de préparation et de réfléxion préablable au voyage peuvent vraiment s'avérer payants.