mercredi 28 janvier 2009

Un an déjà


Voilà maintenant un an que je suis arrivé en Thaïlande.
J'ai déjà vu tant et si peu à la fois...

Cet anniversaire tombe, cette année, en même temps que le nouvel an chinois. Très suivi ici parce que de nombreux thaï ont des origines chinoises.
C'est l'occasion de faire le bilan de ces 12 mois.

J'ai appris beaucoup. C'était le but, et c'est contrat rempli. Appris sur la Thaïlande, sur l'Asie, sur leurs cultures, sur les habitants... mais aussi sur moi même.
J'ai découvert des choses que j'aime ici mais aussi des choses que je n'aime pas.

J'arrive aujourd'hui à un point où mon attachement pour ce pays s'accompagne de frustration. Frustration de voir tant d'opportunité gâchées par un pays qui pourrait rayonner internationalement bien plus que par ses plages, ses sourires et ses jolies filles.
Il fut un temps où, en France par exemple, on apprenait aux élèves que certains petits pays d'Asie étaient en train de prendre leur envol. La Thaïlande en faisait partie. Aujourd'hui, les quatre dragons sont Singapour, la Corée du Sud, Hong-Kong et Taiwan. Le Siam est resté sur le carreau, accroché aux starting-blocks.

Je crois que c'est le revers de la médaille: on aime un pays, alors on se sent concerné...


Il y a beaucoup de choses qui ne fonctionnent pas bien ici. Et qui ne nécessiteraient qu'un peu de volonté de la part des bonnes personnes pour radicalement tout faire changer. Mais voilà, parmi ces choses qui me semblent être à la source du blocage de la société thaï, il y a une très puissante loi liberticide qui me fait parler ici à mots couverts.
Le simple fait que j'hésite à exprimer ma pensée sur la place publique qu'est ce blog m'est intolérable et une preuve suffisante qu'il y a "quelque chose de pourri au Royaume de Siam".
C'est peut-être un peu faible de ma part, car si je crois qu'aucune de mes opinions n'est répréhensible, je préfère quand même m'abstenir.

Par contre, rien n'empêche ceux que cela intéresse d'aller faire un tour sur le net avec des mots clés simples comme "censure en thailande" et de revenir me poser des questions par email ;-)
J'ai suivi, vous l'aurez lu, avec beaucoup d'intérêt les évènements qui ont émaillé l'année politique thaï de 2008.
J'ai creusé, lu recherché des informations et petit à petit construit mon opinion. Celle-ci changera probablement, à mesure de ma découverte plus approfondie du pays, mais je pense avoir déjà réussi à gratter la couche de vernis qui recouvre "Amazing Thailand".


Dans un registre un peu moins sérieux, j'ai profité du Nouvel An Chinois pour aller à Yaowarat (Chinatown) pour assister aux spectacles et animations prévues pour les festivités. C'est en plus une des rares occasions de marcher dans ce quartier de Bangkok sans le flux continuel de voitures... mais surtout, vous me connaissez, c'est l'occasion parfaite de se remplir la panse pour pas cher!!!

新年快乐!!!




dimanche 11 janvier 2009

Ca caille!

Aujourd'hui, comme le montre la photo ci-dessous, la journée est exceptionnelle.




Non. Pas parce que je suis debout à 9h28 un dimanche.
Regardez mieux: en bas à droite, la température extérieure est de 19,8°C.
La barre des 20°C à été franchie, et ce pour la première fois (à ma connaissance) depuis que je suis arrivé ici.

Hier était déjà assez doux, genre 21-22°C... Certains Thaï avaient sorti pulls, bottes, écharpes et même bonnets pour leurs gamins. Hilarant.

En revanche, notez que plus au nord de Bangkok, et notamment dans les régions montagneuses, la température descend régulièrement en dessous des 15°C... C'est bête à dire, mais ça fait franchement du bien de temps en temps.

J'ai une petite pensée émue pour tous ceux restés dans le froid en France... sachez que je vous envie d'avoir eu de la neige cet hiver!
L'Homme: éternel insatisfait.

lundi 5 janvier 2009

Une histoire de fourchettes et de cuillers

L'une des première surprises de la cuisine Thaï vient de ses ustensiles. Comme moi, vous vous attendiez aux fameuses baguettes, icône de la cusine asiatique... Mais ce sont une fourchette et une cuiller qui trônent sur la table.



La surprise est telle qu'il n'est pas rare de voir des touristes se "plaindre" et demander des baguettes. La fourchette et la cuiller ne sont pas assez "exotiques".


D'abord, parlons de l'usage de ces couverts. Il est différent de chez nous. Dans votre main droite, vous prenez la cuiller, dans la main gauche la fourchette. Mais la cuiller n'est pas là pour remplacer le couteau. En fait, la fourchette ne sert qu'à pousser la nourriture sur la cuiller, et c'est cette dernière qui sera portée à la bouche.

On se rend compte rapidement que l'exercice ne nous est pas naturel. On aura tendance à piquer et manger avec la fouchette, et on fera des mouvements un peu bizarroides avec la cuiller. Bien entendu, la situation est un peu différente pour les gauchers, mais cette espèce de contradicteurs patentés ne mérite pas tant d'attention (je plaisante!!!!... quoique)

Les origines de la fourchette et de la cuiller sont occidentales, vous l'aurez deviné. Son introduction date semble-t-il du 16ème siècle, époque où le Royaume de Siam était en contact commercial et culturel constant avec l'Europe. Le Roi Narai envoya son émissaire Kosa Pan rendre visite à Louis XIV à Versailles en 1686.

Les Thaï ont alors repris à leur compte de nombreuses techniques culinaires du monde entier (cuisson à la poele, friture, curry indiens, etc...) les accomodant à leur goût et en fonction des ingrédients dont ils disposaient.


Ce fut la même chose pour les couverts. L'usage en fut détourné pour s'adapter à la tradition culinaire assez généralisée en Asie voulant que la nourriture soit servie en "petits" morceaux, ne nécessitant pas l'usage de couteaux. Sans couteau pour pousser, on a introduit la cuiller... Ensuite, la prépondérance du riz et des sauces a dû plaider pour l'utilisation de cette dernière comme instrument principal.
Le fait de ne pas couper la nourriture, et notamment la viande, une fois à table est à priori lié au Bouddhisme. Il est assez difficile de trouver une réponse claire sur le sujet, notamment du fait des nombreuses écoles et pratiques du Bouddhisme qui existent. Manger de la viande est dans la plupart des cas considéré comme une nécessité, mais il est demandé de la retenue, un traitement décent des animaux et de la viande, préparée à part et pas "malmenée" dans l'assiette devant tout le monde...

Quant aux baguettes, rassurez-vous, vous aurez l'occasion de les utiliser. Les chinois ont importé celles-ci en même temps que les nouilles, avant nos couverts, et celles-ci sont encore utilisées, notamment pour les soupes.

Bientôt, je vous parlerai de la petite histoire d'un ingrédient terrible mais central à la cuisine thaï: le piment.

vendredi 2 janvier 2009

Tragique réveillon

Il semble que la nouvelle ait été assez largement évoquée en France, suffisamment pour générer un peu d'inquiétude quant au déroulement de ma soirée du Nouvel An.


Une boite de nuit de Bangkok, appelée Santika, a pris feu peu après le passage en 2009. Le bilan est auj'ourd'hui d'une soixantaine de morts et environ 200 blessés.

Ce soir là, nous étions sur l'Esplanade de Central World, pour assister au feu d'artifice et au décompte final. Nous avons décliné l'invitation reçue pour la soirée au Santika, où nous allions régulièrement, pas trop tenté par la cohue de ce genre de réveillon en club. C'est une chance.

Le Santika se situe à environ 500m de chez moi, dans le "Soi Ekkamai", une rue comptant pas mal de clubs et de bars branchés. L'établissement en question est fréquenté par des clients assez aisés, Thaï et Etrangers vivant en Thaïlande.
Il comporte une grande scène où se produisent tous les soirs divers groupes, et parfois des stars locales voire internationales à l'occasion de soirées spéciales.
Une de mes connaissances s'y produit régulièrement. Je n'ai pas eu de nouvelles directement mais il est semble-t-il en famille en Angleterre pour les fêtes.

L'endroit était loin d'avoir un aspect vétuste ou dangereux. Néanmoins, il semble, d'après les témoignages et mes vagues souvenirs, que les issues de secours étaient mal signalées. Car bien qu'elles existaient, le lourd bilan de cet incendie est a priori lié à la cohue qui a suivi le début du sinistre, les clients se ruant tous vers la porte d'entrée, trop petite pour, à elle seule, évacuer rapidement la foule.

Maintenant, beaucoup de questions restent à élucider. Par exemple comment le feu s'est il déclaré? On évoque des effets pyrotechniques utilisés sur scène...
Mais la plus grosse question est: comment ce club a-t-il eu l'autorisation d'accueillir du public si les issues de secours étaient mal signalées et/ou sous-dimensionnées?
J'ai peur que, malheureusement, on s'arrête ici à déclarer que ces issues étaient inadaptées, oubliant la très probable responsabilité des autorités censées vérifier la sécurité. Le scénario impliquant un petit bakchich à l'inspecteur de sécurité incendie ne serait, pour moi, pas une surprise.
C'est l'habitude ici...

J'en ai déjà parlé de nombreuses fois. La corruption, à tous les niveaux et à toutes les échelles et le cancer de la Thaïlande. Aucune mesure politique, aucun progrès démocratique ou économique ne fera réellement avancé les choses tant que ce système subsistera.

Les policiers, par exemples, sont ici devenus une sorte de Mafia. Faisant appliquer la loi dans la plupart des cas, mais prêts à fermer les yeux pour leurs propres intérêts. Ces intérêts sont financiers (du petit billet de 100 baht pour éviter l'amende plus lourde à l'acharnement judiciaire pour extorquer un maximum de l'étranger "poule aux oeufs d'or") ou politiques (Taksin, l'ex premier ministre en fuite fut d'abord chef de la police... ici, ça ne choque personne).

J'ai pour l'instant réussi à ne pas participer à ce système, même pour des questions anodines. J'espère pouvoir continuer ainsi.

Cette tragédie est une terrible illustration des conséquences que peuvent avoir un simple petit "arrangement".