mercredi 27 mai 2009

My name is Beer

Une des première difficultés rencontrées par un enseignant en début d'année est le processus de mémorisation des prénoms des élèves. La gymnastique intellectuelle s'avère plus difficile lorsqu'on enseigne à l'étranger, car les prénoms nous sont souvent inconnus.
En Thaïlande, c'est tout particulièrement vrai.


D'abord, reprenons depuis le début.
Les Thaïs ont un nom de famille et un prénom, ce dernier étant choisi par les parents. Le choix du prénom est assez complexe, car l'objectif principal est de "porter chance". Beaucoup ici sont très attentifs à ce genre de superstition, et les règles permettant de déterminer le "facteur chance" d'un nom sont très complexes et leurs origines assez floues.
Il y a des lettres meilleures que d'autres, des suffixes, des préfixes et des syllabes qui, sans avoir de signification précise, évoquent le bonheur, l'argent ou la joie.
Les prénoms sont donc fabriqués par un assemblage de ses lettres et mots. Il arrive alors assez régulièrement qu'ils soient uniques, ou tout du moins rarissimes.

De leur côté les noms de familles ont, pour la plupart, été eux aussi fabriqués de cette façon. En effet, en Thaïlande, on peut changer à loisir son prénom... mais aussi son nom de famille. J'ai eu du mal à trouver une confirmation officielle, mais ce qu'on m'a expliqué, c'est que la procédure n'est pas plus compliquée que remplir un formulaire et n'a pas besoin d'être justifié comme c'est le cas en France.
On ne peut pas non plus choisir n'importe quel prénom, sont proscrits les noms contenant des mots relatifs à la famille royale et tout ce qui est grossier ou insultant. Ceci dit, ça laisse pas mal de latitude.
J'avoue que j'ai un peu de mal à imaginer comment les administrations arrivent à gérer ce casse-tête... En même temps, ici, sécu, assurance chômage etc... ça n'existe pas.
Cette possibilité de changer de nom si facilement remonte à l'époque du roi Rama VI qui, pour appaiser les tensions entre les Thai et l'énorme communauté de chinois (installés en Thailande depuis de nombreuses générations), leur a offert la possibilité d'adopter des patronymes Thaï.

La tendance est alors à la surenchère. On va coller le plus possible de syllabes de bon présage, histoire, au cas où, de s'assurer un peu de chance.
Un bone exemple est la médaillée Olympique Prapawadee Jaroenrattanatarakoon, qui a adopté cet immense patronyme en lieu et place de "Junpim Kuntatean" juste avant les jeux. Bien lui en a pris semble-t-il.

La conséquence directe de ces patronymes à rallonge, est que les Thai ne les utilisent que pour les documents officiels. Le reste du temps, ils utilisent un surnom: entre amis, avec la famille mais aussi pour les relations professionnelles (le surnom est alors simplement associé à "Khun", qui veut dire "Mr." ou "Mme").
Celui-ci aussi ils le changent. Quand ils sont petits, il est donné par les parents, mais il peut s'avérer un peu embarassant plus tard (trop infantile) alors ils n'hésiteront pas non plus à le changer.
Il y a des classiques: "Nueng", veut dire "Un", est assez régulièrement donné au premier enfant. Mais de nos jours, la mode est à l'anglais. Parce que c'est "cool".
Je ne parle pas de donner des prénoms anglophones... mais bien d'utiliser des mots anglais qui évoquent quelque chose de positif pour les Thaï.
Le résultat peut s'avérer assez surprenant, voir gênant ou hilarant.
Certains seront alors surnommés "Boss", "Best" ou "First"... pour des raisons assez évidentes. Il y a aussi les noms supposés mignons: "Cookie", "Cartoon", "Pancake"... et les ratages: "Pee", "Beer", "Cutout" (??), "F-4" (???).

La palme reste aux parents de deux jumeaux que j'ai dans ma classe.

L'un est surnommé "Play".
L'autre...
...
... s'appelle "Pause"

dimanche 17 mai 2009

Pousse-toi de là que je m'y mette

Bangkok est connu pour sa circulation chaotique et ses embouteillage.
Loin d'être usurpée, cette réputation est cependant à temperer, notamment en regard de ce que l'on peut rencontrer dans certains pays mediterranées ou même dans quelques pays voisins.

La plupart des expatriés se déplacent en transports en commun ou en taxi. C'est plus souple, plus pratique, et globalement moins cher.
Mais voilà, la voiture est un signe de statut social extrèmement important ici. Comme en France me direz-vous... peut-être, mais on ne joue pas dans la même cour.
Dès qu'un Thai obtient un poste relativement bien payé, il est supposé acheter une voiture. Qu'il en ait besoin ou pas n'a que peu d'importance.
Ma copine doit régulièrement expliquer à ses collègues que pour l'instant, elle n'en a aucune utilité, notamment parce qu'il est plus rapide et moins cher pour elle de prendre le confortable métro aérien plutôt que de s'enterrer dans les bouchons des heures de pointe.

L'autre inconvénient de la voiture, comme dans toutes les villes, c'est le stationnement. A Bangkok, cependant, la tâche reste relativement aisée, pour 2 raisons.
D'abord, tout immeuble qui se construit est conçu avec un parking installé dans les premiers étages.
Ensuite, même si ces parkings s'avèrent un peu sous-dimensionnés (par exemple les week-end dans les centres commerciaux), il existe une habitude qui ne cesse de m'étonner.

La photo ci-dessous illustre parfaitement la technique de stationnement en vigeur ici.



Oui, vous avez bien vu (notamment en bas de la poto),  on pratique le "triple file.

Ce genre de situation, en France provoquerai probablement des accès de frénésie destructrice:
"Dégage ta caisse de devant la mienne ou je la dégage avec mon pare-choc!"

Rien de cela ne se passe ici. C'est une situation parfaitement normale.
Il se trouve que les 2 files de voitures bloquant la sortie de celles gqrées en batailles sont "mobiles". Les gens ne serrent tout simplement pas le frein à main.


En arrivant à sa voiture, donc, il "suffit" de pousser, une à une, les voitures qui bloquent de façon à se dégager une issue.
Tous s'y collent, parents, enfants, mamans, grand-pères, etc... C'est d'ailleurs une bonne opportunité pour draguer: aller filer un coup de main à la jolie demoiselle qui s'efforce de pousser un gos 4x4 perchée sur ses talons hauts.

Parce que ici, bien entendu, on n'achète pas de Yaris ou de 207. "Trop petit, vraiment pas sécurisant". On leur préfère de gros SUV chinois à bord desquels on n'attache pas la ceinture. 

lundi 4 mai 2009

Retour aux Affaires

Me revoilà. Après un bon mois de silence, il est plus que temps de reprendre la main sur ce blog. Je m'excuse d'ailleurs auprès des fidèles pour le peu de choses qu'ils ont pu se mettre sous la dent ces deux derniers mois.
Il se trouve que je suis arrivé à un stade où les "découvertes" se font plus rares et l'assimilation plus "intérieure" et donc assez difficile à retranscrire.
La tempête de chocs culturels est passée et je n'en ai pas passé beaucoup sous silence. Hormis peut-être quelques chocs plus négatifs, inévitables (quelle culture pourrait prétendre à la perfection), mais qui ne correspondent pas beaucoup au ton de ce blog et à ma volonté de combattre mon tempérament de français grognon.

Rassurez-vous, j'ai décidé de continuer d'alimenter ce blog, cette fois-ci en tentant de passer à une phase plus explicative et didactique que narrative. Comme je le disais avant, les chocs sont passés, mais la compréhension et l'assimilation ne font que commencer.

Bientôt, j'essayerai donc de vous aider (et, par la réflexion que cette écriture va nécessiter, de m'aider moi même) à mieux comprendre les origines de certaines traditions, pratiques, états d'esprit et habitudes... et je tâcherai de dépoussierer un peu les conseils désuets que l'on trouve dans les guides à propos des attitudes à adopter en Thailande.

J'espère aussi pouvoir éviter de trop parler de la difficile situation politique dans laquelle se trouve le pays.
Les manifestations d'Avril, je les ai vécues depuis la France. Et, comme on pouvait s'y attendre, les informations furent plus que partielles. Promptes à rapporter le basculement dans la violence... mais incapables le lendemain même d'écrire une simple ligne pour dire que tout était rentré dans l'ordre.
Je me contenterai donc, au besoin, d'apporter un éclairage moins sensationnaliste sur l'actualité locale.

Enfin, je continuerai, et de façon plus fréquente, de prodiguer mes "conseils aux voyageurs". J'envisage même de les aggréger en une version pdf imprimable facile à emmener en vacances... une fois que la matière sera suffisante.

Bien. J'espère que ce programme vous réjouit et je vous promets de revenir très vite avec articles, photos et histoires.

lundi 9 mars 2009

La Tektonik bientôt en Thaïlande?

J'ai bien peur de devoir être rattrappé par une des modes françaises que j'étais bien content d'avoir quitté.

En fait, la liste est assez longue, mais après inspection prolongée, il se trouve que la plupart des imbécilités de chez nous trouvent leur équivalent ici. (J'en parlerai plus longuement une autre fois).

En l'occurence, je parle de la Tektonik.
Il paraît que ce n'est toujours pas mort chez nous...
Ici, on aperçoit déjà les slim et quelques coupes "mulet". La danse n'a pas encore pris, mais il faut savoir que le peu d'innovation musicale qui arrive en Thaïlande provient de la Corée. Or il semble que ça commence à prendre là bas.
La vidéo ci-dessous en attesterait. Ce sont paraît-il deux acteurs-chanteurs assez renommés à Seoul (Y a-t-il des spécialistes pour confirmer?).

En tout cas, ils ont l'air aussi bêtes que les notres.



dimanche 1 mars 2009

L'extincteur à rire

Au pays du sourire, il faut être préparé à tout excès dangereux de joie (photo prise dans un bus)



Sinon, aux US, ils ont ça (O. News Network. Désolé, c'est en anglais):


mardi 24 février 2009

La petite histoire du piment en Thaïlande

Je délaisse un peu mon blog ces temps-ci. J'ai un peu moins de temps libre, et puis les "découvertes" se font, avec le temps, un peu plus rares, forcément.


Ceci dit, il est un aspect essentiel de la culture culinaire Thaï que je n'ai toujours pas traité: le piment.

Une grande partie des plats Thaï sont épicés, et, quand ils le sont, les palais délicats s'enflamment. Et c'est encore plus difficile à supporter car, alors que vous êtes en train de boire 3 litres d'eau pour essayer d'éteindre le brasier, vous verrez que la plupart des Thaï rajoutent du piment.

Mais d'où vient cette idée? Comment peut-on détruire à ce point le goût des aliments pour le remplacer par une brûlure?

D'abord, le piment n'est pas dans la cuisine Thaï depuis des temps immémoriaux. Ce sont les Portugais et les Espagnols, au gré de leurs explorations du XVème et XVIème  siècle qui ont amené les piments: depuis l'Amérique du Sud qu'ils étaient en train de Coloniser vers l'Asie, où s'installaient les coptoirs commerciaux Européens.
Le piment a plu et, parfaitement adapté au climat, s'est vite installé dans les habitudes culinaires des Thaï, déjà habitués à "mélanger" les cuisines en provenance des nombreux pays environnants.

L'intérêt du piment dans la cuisine est évident... L'existence de l'expression "pimenter quelque chose" sert à elle seule d'explication.
Pourtant, de notre point de vue, c'est la parcimonie qui s'impose. Notre cuisine est assez attachée aux équilibre de saveurs et s'accomode assez mal de l'éruption volcanique engendrée par un plat très épicé. Il nous est assez difficile de comprendre l'engouement, voire même l'addiction pour cette sensation.
Quand je parle d'addiction, je ne plaisante pas. Il arrive un point où certains n'apprécient plus la nourriture si elle n'est pas épicée. Je connais pas mal de Thaï qui sont dans ce cas, et il y a fort à parier que c'est la même chose pour des pays comme l'Inde ou le Mexique, grand consommateurs de piment. La preuve la plus évidente en Thaïlande, est le fait que les fruits sont vendus avec un petit sachet contenant un mélange de sucre, sel et piment... Les fraises au piment, c'est pas mauvais, mais un peu surprenant.


Des recherches ont été faites sur le sujet. Pourquoi certains aiment-ils tant la nourriture épicée?Ils sont arrivés à la conclusion que le plaisir éprouvé en mangeant épicé est comparable à celui qu'on peut avoir lorsqu'on fait un tour de grand huit. Ils appellent cela le "risque contrôlé". La brûlure du piment est similaire à la sensation d'une réelle brûlure mais de provoque aucun dommage. De même que le grand huit offre la sensation de chuter... sans l'écrasement au sol. Ainsi, petit à petit, le corps s'habituera à cette sensation, elle ne disparaîtra pas, mais ne sera plus associée à un danger.
Car le goût pour le piment s'aqcuiert. Les enfants, ici, commencent progressivement. Les écoles primaires par exemple ne servent pas de nourriture épicée. L'habitude viendra avec le temps.
Avez-vous apprécié le tout  premier verre de vin rouge que vous avez bu? Probablement pas. C'est parce que ces sensations complexes nécessitent du temps.

Moi aussi il m'a fallu du temps. Et après un an passé ici, je suis capable de manger avec plaisir des plats assez épicés (comprenez très épicés suivant notre échelle franchouille) et de survivre à des plats bien corsés (pas loin du nucléaires pour un néophyte).
Je n'ai pas pour autant perdu le goût pour les plats non-épicés. En fait, les chercheurs l'ont montré, l'habitude n'insensibilise pas la langue, elle rend simplement la douleur supportable, voire appréciable.
Oui, on n'est pas loin du masochisme... mais ce genre d'atitude "bizarre" se rencontre tout le temps. Regardez les sportifs, accros aux endorphines, les fous des sports extrèmes, accros à l'adrénaline.
Le piment, c'est un peu le "sport extrème" de la cuisine. Avec l'habitude, on a moins peur. Pour beaucoup, un peu de temps en temps suffit. Pour d'autres, il n'y en a jamais assez.

Ah, et aussi, avec l'habitude du palais, vient l'habitude du reste du système digestif. Je vous passerai les détails, mais il est évident que la disparition des brûlures gastriques et autres sont appréciables.


Conseils Pratiques:
"Bon, tout ça, c'est bien sympa. J'ai bien compris que si on est habitués, ça fait moins mal, mais voilà, moi, je viens en Thaïlande en vacances dans 1 mois, et je vais pas y rester plus de deux semaines, alors comment je fais?".
Pas de panique. Voilà quelques conseils de survie.

1. Prévention:
  • Apprenez à connaître les plats épicés et les plats non épiciés. Il y a en thaïlande de nombreux plats non épicés parfaitement délicieux. Dans le genre "refuge", il y a le "fried rice" (kaow pad gaï, kaw pad moo), le "fried chicken" (gaï yang) avec riz collant (kaow niaow), les brochettes satay ou le "pad thaï" (en général, les sauces picés sont à part).
    Bref, pas mal de plats. Tout cela fera l'objet d'un petit guide illustré avec prononciation, commentaires et niveau de piment... quand j'aurai le temps.

  • Dans le cas du "pad thaï", il peut arriver qu'il soit servi épicé (hé oui, chacun à sa recette, comme le cassoulet). Alors la phrase à ajouter qui sauve la mise c'est "Maï Pett'" (je l'écris à peu près comme vous devez le prononcer). Ca veut dire "pas épicé" et en général, ils vous écouteront. Pourtant, le plat peut s'avérer encore très épicé après cela. En fait, ça dépendra du nombre de touristes qui fréquentent les environs. Si le restaurant est très touristique, il y a des chances que la cuisine soit déjà peu épicée. En revanche, le petit vendeur du fin fond de la rue qui ne voit quasiment jamais de "farang" concluera du "Maï pett'" que vous voulez moins d'un kilo de piment dans votre plat.

  • Triez... Certains plats sont servis avec des gros morcaux de piments. Notamment des verts. Même certains Thaï les laissent à part, car ils sont plus supposés avoir "infusé" dans le plat. Et puis n'ayez pas honte, vous n'êtes pas le premier.
2. Quand c'est trop tard, et qu'il y a le feu
  • Si vous êtes dans un restaurant assez touristique (c à d qu'ils parlent pas trop mal anglais et que la clientèle est pas vraiment locale), et que vous avez spécifiquement précisé "Naï Pett'" ou "Not Spicy", alors retournez le plat... Aimablement mais fermement.

  • Si vous n'avez pas le coeur ou la possibilité de retourner le plat, alors sachez que l'eau n'apporte qu'un réconfort très temporaire. Le plus efficace, c'est le lait "nhom" ou le riz "kaow".
    Petite parenthèse "minute scientifique": La sensation de brûlure est due à la capsaïcine. Celle-ci n'est pas soluble dans l'eau, boire 3 litres d'Evian apaisera mais laissera le "piquant" dans la bouche. Par contre, la caséïne, présente dans les produits laitiers, détache la capsaïcine des neuro-récepteurs, permettant de "laver" la langue et le palais.

  • Vu que vous êtes probablement tout rouge et en train de pleurer, mon dernier conseil est: faites attention à vos doigts. Si par malheur vous avez un peu de piment dessus et que vous vous frottez les yeux, vous allez vous en souvenir pur un bout de temps.

  • Soyez patient... La sensation se dissipe assez rapidement, en fait au bout de 5 minutes en général (mais elles paraissent looooooongues).
Voilà , c'est tout pour aujourd'hui
J'espère que cela vous aidera à apprécier encore plus votre futur séjour en Thaïlande!

lundi 9 février 2009

Conseil aux voyageurs. 3: Les Vêtements

Beaucoup de choses sont vraiment pas chères en Thaïlande... Parmi les bonnes affaires qu'on peut faire à Bangkok, il y a les vêtements.

Magasins, marchés et "malls" proposent tous les styles et tous les prix, du plus cher (les mêmes marques que chez nous...) au ridiculement bon marché.

Quelques conseils, donc, pour en profiter au maximum.

1. Où acheter?
Comme je l'ai dit, les endroits sont nombreux. Néanmoins, au terme d'une enquète approfondie (pour les besoins de ce blog uniquement, bien sûr), il y a quelques endroits qui valent le détour, notamment du fait de la forte concentration de magasins. Forcément plus pratique pour le voyageur au planning un peu serré.

  • MBK: Station de BTS "National Stadium". Un mall de plusieurs étage, rempli de petites échoppes vendant de tout, depuis les t-shirts aux robes de soirées en passant par l'informatique, la maroquinerie et les produits de beauté. On s'y perd un peu facilement, mais il y a vraiment de bonnes affaires, surtout pour les "souvenirs".

  • Platinum: Station de BTS "Ratchatewi" puis prendre un Tuk-tuk en disant "Platinum" (facile). 5 étages uniquement de vêtements, sacs et chaussures.  Acheteuses frénétiques: prévoir un Lexomil d'avance.

  • Siam Square: Station de BTS Siam (a l'opposé de Siam Paragon). Un réseau de petites rues qui est ce qui se rapproche le plus ici de nos "rues commerçantes". Vêtements de meilleure qualité qu'à Platinum et MBK. Plus "mode et créateurs". Les prix restent vraiment inférieurs à chez nous.


  • Chatuchak (JJ): Station de BTS Morchit. Le "week-end market" (donc ouvert uniquement le week-end. En extérieur, des minuscules allés couvertes, qu'il vaut mieux aprenter tôt le matin à la fraîche. Immense, labyrinthique, on trouve TOUT à JJ... Faut juste prendre le temps, car l'organisation par section est moyennement suivie. Bon endroit pour acheter des vêtements "relax"...
2. Qu'acheter?

Là, ça dépend pas mal de vous, en revanche, quelques petites astuces: n'emmenez pas des tonnes de t-shirts et de vêtements légers dans vos bagages. Prévoyez simplement de la place pour en ramener et achetez-les sur place au fur et à mesure de vos besoins. C'est un bon moyen de renouveler cette partie de la garde-robe pour pas cher.

Les filles trouveront ici aussi des chaussures et robes de soirées pour un bon prix. Pas forcément une finition "indestructible" mais on trouvera des paires à 10€ qui supporteront très bien un usage occasionnel.
Ce qui est génial, c'est le choix qui est offert dans cette gamme de prix.

Pour les messieurs, c'est malheureusement un peu plus difficile. Les hommes ici ne sont pas des grands fans de mode (et le climat chaud nous offre moins de possibilités vestimentaires). Donc on trouvera ici t-shirts, shorts, et chemises.
En fait, pour les hommes, je recommenderai la solution "tailleur" (voir ci-après)

ATTENTION: La Thaïlande est aussi le royaume de la copie. Sachez que nos douanes sont particulièrement sensibles à ce sujet, et encore plus lorsqu'il s'agit de marque françaises. En plus de la confiscation, il y a le risque d'amendes assez lourdes. N'achetez pas de "faux" (Dior, Luis Vuitton et autres). C'est parfois frustrant, on aurait bien acheté le produit s'il n'y avait eu l'horrible logo Chanel doré ajouté pour "faire genre". Ca reste fortement vendeur pour de nombreux autres nationalités. Pour nous, c'est à proscrire.

3. Négocier?

Oui... Le prix des vêtements peut se négocier ici. Moins bien si vous êtes touriste, mais un peu quand même. En général, on paut arriver à avoir au moins 10% de ristourne, surtout si on prend plusieurs articles.
Pour demander une réduc', dites "Lott daï maï?".

4. L'autre solution: le sur-mesure.

Comme dans la plupart des pays d'asie, les tailleurs indiens ont des dizaines de magasins sur les principales artères des grandes villes. A Bangkok, il sont surtout aux alentours des quartiers de Nana, Silom et Sathorn.
En tant que touriste, difficile de choisir le bon parmi cette multitude. Les meilleurs tailleurs sont en fait un peu cachés et orientés sur la clientèle locale. Il sera pratiquement impossible de les trouver. Néanmoins, quelques astuces permettent de tirer meilleur partie des "tailleurs pour touriste", et d'obtenir quelque chose de très bonne qualité pour un prix intéressant, globalement inférieur à du prêt à porter de chez nous.

  • Réfléchissez à ce que vous voulez avant de venir. Ils sont très bons quand il s'agit de copier un design déjà existant. Robes, vestes, pantalons, chemisiers. Tout est possible, et si vous venez avec une photo, le résultat n'en sera que meilleur. "Pire": si le magasin qui vend la robe de vos rêves (à un prix astronomique) vous permet de la retourner. Emmenez-là, faites-en une copie et retournez-là au magasin après votre voyage....

  • Pour les hommes, emmenez votre "chemise préferée". Vous pourrez la faire dupliquer aisément, avec le "bonus" de la finition sur mesure.

  • Visitez plusieurs magasins avant de vous décider. Posez des tonnes de questions, assurez-vous qu'ils sont attentifs aux détails que vous donnez. C'est le signe qu'ils feront vraiment ce que vous demandez. Bref, faites jouer la concurrence entre les nombreux tailleurs des environs.

  • Pour les chemises et costumes, soyez, encore une fois, insistant. Les premiers tissus qui vous seront montrés sont les moins chers. Là où ils feront le plus de marges. Même s'ils vous plaisent, faites le difficile. Ils gardent leurs plus belles étoffes plus au fond du magasin. C'est là que l'affaire devient intéressante pour vous, car en général ils ne changeront pas le prix de la chemise, même si le tissu est meilleur. Pour info, une chemise d'homme devrait être à moins de 1000 Bahts (20€... oui oui...)

  • Au niveau timing, ils peuvent travailler très vite, au besoin, mais il faut toujours compter une étape intermédiaire de "fitting" (essayage). Voire 2 "fitting" pour les choses plus compliquées comme les costumes ou les robes. Regardez dans votre emploi du temps de voyage si ça colle.
Le problème du sur mesure, c'est qu'une fois que vous y avez "goûté", c'est difficile de trouver que les vêtements du prêt à porter vous vont bien. Surtout si, comme moi, vous n'êtes pas tout à fait "standard".

Bref, un peu de préparation et de réfléxion préablable au voyage peuvent vraiment s'avérer payants.

mercredi 28 janvier 2009

Un an déjà


Voilà maintenant un an que je suis arrivé en Thaïlande.
J'ai déjà vu tant et si peu à la fois...

Cet anniversaire tombe, cette année, en même temps que le nouvel an chinois. Très suivi ici parce que de nombreux thaï ont des origines chinoises.
C'est l'occasion de faire le bilan de ces 12 mois.

J'ai appris beaucoup. C'était le but, et c'est contrat rempli. Appris sur la Thaïlande, sur l'Asie, sur leurs cultures, sur les habitants... mais aussi sur moi même.
J'ai découvert des choses que j'aime ici mais aussi des choses que je n'aime pas.

J'arrive aujourd'hui à un point où mon attachement pour ce pays s'accompagne de frustration. Frustration de voir tant d'opportunité gâchées par un pays qui pourrait rayonner internationalement bien plus que par ses plages, ses sourires et ses jolies filles.
Il fut un temps où, en France par exemple, on apprenait aux élèves que certains petits pays d'Asie étaient en train de prendre leur envol. La Thaïlande en faisait partie. Aujourd'hui, les quatre dragons sont Singapour, la Corée du Sud, Hong-Kong et Taiwan. Le Siam est resté sur le carreau, accroché aux starting-blocks.

Je crois que c'est le revers de la médaille: on aime un pays, alors on se sent concerné...


Il y a beaucoup de choses qui ne fonctionnent pas bien ici. Et qui ne nécessiteraient qu'un peu de volonté de la part des bonnes personnes pour radicalement tout faire changer. Mais voilà, parmi ces choses qui me semblent être à la source du blocage de la société thaï, il y a une très puissante loi liberticide qui me fait parler ici à mots couverts.
Le simple fait que j'hésite à exprimer ma pensée sur la place publique qu'est ce blog m'est intolérable et une preuve suffisante qu'il y a "quelque chose de pourri au Royaume de Siam".
C'est peut-être un peu faible de ma part, car si je crois qu'aucune de mes opinions n'est répréhensible, je préfère quand même m'abstenir.

Par contre, rien n'empêche ceux que cela intéresse d'aller faire un tour sur le net avec des mots clés simples comme "censure en thailande" et de revenir me poser des questions par email ;-)
J'ai suivi, vous l'aurez lu, avec beaucoup d'intérêt les évènements qui ont émaillé l'année politique thaï de 2008.
J'ai creusé, lu recherché des informations et petit à petit construit mon opinion. Celle-ci changera probablement, à mesure de ma découverte plus approfondie du pays, mais je pense avoir déjà réussi à gratter la couche de vernis qui recouvre "Amazing Thailand".


Dans un registre un peu moins sérieux, j'ai profité du Nouvel An Chinois pour aller à Yaowarat (Chinatown) pour assister aux spectacles et animations prévues pour les festivités. C'est en plus une des rares occasions de marcher dans ce quartier de Bangkok sans le flux continuel de voitures... mais surtout, vous me connaissez, c'est l'occasion parfaite de se remplir la panse pour pas cher!!!

新年快乐!!!




dimanche 11 janvier 2009

Ca caille!

Aujourd'hui, comme le montre la photo ci-dessous, la journée est exceptionnelle.




Non. Pas parce que je suis debout à 9h28 un dimanche.
Regardez mieux: en bas à droite, la température extérieure est de 19,8°C.
La barre des 20°C à été franchie, et ce pour la première fois (à ma connaissance) depuis que je suis arrivé ici.

Hier était déjà assez doux, genre 21-22°C... Certains Thaï avaient sorti pulls, bottes, écharpes et même bonnets pour leurs gamins. Hilarant.

En revanche, notez que plus au nord de Bangkok, et notamment dans les régions montagneuses, la température descend régulièrement en dessous des 15°C... C'est bête à dire, mais ça fait franchement du bien de temps en temps.

J'ai une petite pensée émue pour tous ceux restés dans le froid en France... sachez que je vous envie d'avoir eu de la neige cet hiver!
L'Homme: éternel insatisfait.

lundi 5 janvier 2009

Une histoire de fourchettes et de cuillers

L'une des première surprises de la cuisine Thaï vient de ses ustensiles. Comme moi, vous vous attendiez aux fameuses baguettes, icône de la cusine asiatique... Mais ce sont une fourchette et une cuiller qui trônent sur la table.



La surprise est telle qu'il n'est pas rare de voir des touristes se "plaindre" et demander des baguettes. La fourchette et la cuiller ne sont pas assez "exotiques".


D'abord, parlons de l'usage de ces couverts. Il est différent de chez nous. Dans votre main droite, vous prenez la cuiller, dans la main gauche la fourchette. Mais la cuiller n'est pas là pour remplacer le couteau. En fait, la fourchette ne sert qu'à pousser la nourriture sur la cuiller, et c'est cette dernière qui sera portée à la bouche.

On se rend compte rapidement que l'exercice ne nous est pas naturel. On aura tendance à piquer et manger avec la fouchette, et on fera des mouvements un peu bizarroides avec la cuiller. Bien entendu, la situation est un peu différente pour les gauchers, mais cette espèce de contradicteurs patentés ne mérite pas tant d'attention (je plaisante!!!!... quoique)

Les origines de la fourchette et de la cuiller sont occidentales, vous l'aurez deviné. Son introduction date semble-t-il du 16ème siècle, époque où le Royaume de Siam était en contact commercial et culturel constant avec l'Europe. Le Roi Narai envoya son émissaire Kosa Pan rendre visite à Louis XIV à Versailles en 1686.

Les Thaï ont alors repris à leur compte de nombreuses techniques culinaires du monde entier (cuisson à la poele, friture, curry indiens, etc...) les accomodant à leur goût et en fonction des ingrédients dont ils disposaient.


Ce fut la même chose pour les couverts. L'usage en fut détourné pour s'adapter à la tradition culinaire assez généralisée en Asie voulant que la nourriture soit servie en "petits" morceaux, ne nécessitant pas l'usage de couteaux. Sans couteau pour pousser, on a introduit la cuiller... Ensuite, la prépondérance du riz et des sauces a dû plaider pour l'utilisation de cette dernière comme instrument principal.
Le fait de ne pas couper la nourriture, et notamment la viande, une fois à table est à priori lié au Bouddhisme. Il est assez difficile de trouver une réponse claire sur le sujet, notamment du fait des nombreuses écoles et pratiques du Bouddhisme qui existent. Manger de la viande est dans la plupart des cas considéré comme une nécessité, mais il est demandé de la retenue, un traitement décent des animaux et de la viande, préparée à part et pas "malmenée" dans l'assiette devant tout le monde...

Quant aux baguettes, rassurez-vous, vous aurez l'occasion de les utiliser. Les chinois ont importé celles-ci en même temps que les nouilles, avant nos couverts, et celles-ci sont encore utilisées, notamment pour les soupes.

Bientôt, je vous parlerai de la petite histoire d'un ingrédient terrible mais central à la cuisine thaï: le piment.

vendredi 2 janvier 2009

Tragique réveillon

Il semble que la nouvelle ait été assez largement évoquée en France, suffisamment pour générer un peu d'inquiétude quant au déroulement de ma soirée du Nouvel An.


Une boite de nuit de Bangkok, appelée Santika, a pris feu peu après le passage en 2009. Le bilan est auj'ourd'hui d'une soixantaine de morts et environ 200 blessés.

Ce soir là, nous étions sur l'Esplanade de Central World, pour assister au feu d'artifice et au décompte final. Nous avons décliné l'invitation reçue pour la soirée au Santika, où nous allions régulièrement, pas trop tenté par la cohue de ce genre de réveillon en club. C'est une chance.

Le Santika se situe à environ 500m de chez moi, dans le "Soi Ekkamai", une rue comptant pas mal de clubs et de bars branchés. L'établissement en question est fréquenté par des clients assez aisés, Thaï et Etrangers vivant en Thaïlande.
Il comporte une grande scène où se produisent tous les soirs divers groupes, et parfois des stars locales voire internationales à l'occasion de soirées spéciales.
Une de mes connaissances s'y produit régulièrement. Je n'ai pas eu de nouvelles directement mais il est semble-t-il en famille en Angleterre pour les fêtes.

L'endroit était loin d'avoir un aspect vétuste ou dangereux. Néanmoins, il semble, d'après les témoignages et mes vagues souvenirs, que les issues de secours étaient mal signalées. Car bien qu'elles existaient, le lourd bilan de cet incendie est a priori lié à la cohue qui a suivi le début du sinistre, les clients se ruant tous vers la porte d'entrée, trop petite pour, à elle seule, évacuer rapidement la foule.

Maintenant, beaucoup de questions restent à élucider. Par exemple comment le feu s'est il déclaré? On évoque des effets pyrotechniques utilisés sur scène...
Mais la plus grosse question est: comment ce club a-t-il eu l'autorisation d'accueillir du public si les issues de secours étaient mal signalées et/ou sous-dimensionnées?
J'ai peur que, malheureusement, on s'arrête ici à déclarer que ces issues étaient inadaptées, oubliant la très probable responsabilité des autorités censées vérifier la sécurité. Le scénario impliquant un petit bakchich à l'inspecteur de sécurité incendie ne serait, pour moi, pas une surprise.
C'est l'habitude ici...

J'en ai déjà parlé de nombreuses fois. La corruption, à tous les niveaux et à toutes les échelles et le cancer de la Thaïlande. Aucune mesure politique, aucun progrès démocratique ou économique ne fera réellement avancé les choses tant que ce système subsistera.

Les policiers, par exemples, sont ici devenus une sorte de Mafia. Faisant appliquer la loi dans la plupart des cas, mais prêts à fermer les yeux pour leurs propres intérêts. Ces intérêts sont financiers (du petit billet de 100 baht pour éviter l'amende plus lourde à l'acharnement judiciaire pour extorquer un maximum de l'étranger "poule aux oeufs d'or") ou politiques (Taksin, l'ex premier ministre en fuite fut d'abord chef de la police... ici, ça ne choque personne).

J'ai pour l'instant réussi à ne pas participer à ce système, même pour des questions anodines. J'espère pouvoir continuer ainsi.

Cette tragédie est une terrible illustration des conséquences que peuvent avoir un simple petit "arrangement".