mardi 2 décembre 2008

Tout ça pour ça...

Cet après-midi, la Cour Constitutionnelle a rendu son verdict concernant l'enquête pour fraude électorale menée à l'encontre de la coalition actuellement au pouvoir.

Comme prévu, elle a reconnu les faits comme avérés et par conséquent a dissou les 3 partis concernés et, de ce fait, destitué la plupart des membres du gouvernement, dont le premier ministre.
C'est ce que réclame le PAD depuis des mois.

Résumons les faits:
Quelques mois auparavant, le PAD occupe Governement House afin de réclamer la démission du premier ministre Samak. Celui tient bon mais est éjecté par une décision de justice parce qu'il a eu une activité rémunérée en même temps que son mandat de premier ministre.

Le remplaçant, Somchai, n'est pas de leur goût non plus. Il faut dire qu'en tant que beau-frêre de Thaksin, il a du mal à faire croire qu'il n'a aucun lien avec l'ex dirigeant abhorré par le PAD. La continuation de l'occuppation de Government House n'amène rien d'autre que des violences épisodiques à l'encontre des protestataires.
Ceux-ci finissent par aller occuper les 2 aéroports de Bangkok.

Encore une fois, la situation reste bloquée. Tous les acteurs semblent d'une incompétence rare (ou alors d'un machiavélisme très difficile à percer)... et encore une fois, la réponse vient de la justice qui, ayant suivi son cours, finit par obtenir ce que le PAD n'a pas réussi à provoquer, malgré 300 000 touristes bloqués et une catastrophe économique annoncée.

Le PAD aura beau crier victoire, ils se sont, à mon avis, tiré une balle dans le pied. Ils n'y sont pour rien dans cette destitution. Au pire ont-ils forcé la justice à accélérer le rythme, mais cette dissolution était prévue de longue date, les preuves étant accablantes.

Le résultat, c'est qu'il va falloir plus de 10 jours pour que l'aéroport redémarre complêtement. Celui-ci doit être complêtement nettoyé, vérifié et repasser les inspections internationales.

Le PAD ne fait pas confiance aux "paysans sans éducation" des campagnes lorsqu'il s'agit de voter. Là où certains auraient pris leur mal en patience, tentant de démontrer le danger des populistes, ils ont préféré tenter de provoquer un énième coup d'état, qui leur aurait permis de prendre le pouvoir sufisamment longtemps pour appliquer leur "nouvelle politique" et modifier la Constitution. Celle-ci, en gros, revient à attribuer une certaine partie des postes les plus importants à une élite désignée, et non élue.
Il n'ont, pour l'instant, pas atteint cet objectif inavoué.
Leur popularité n'est pas au plus haut, je doute de voir leur score s'améliorer au cours des prochains scrutins...
Que vont-ils faire alors?

Les Thaï sont pris entre 2 solutions pas plus reluisantes l'une que l'autre... Je ne suis pas très optimiste.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

euh dissous non?
caro

Jean-Yves a dit…

oui, c'est mieux.
Un peu dur de trouver ses mots, parfois, quand on ne pratique plus trop le français

Anonyme a dit…

C'est bien Caro de lui corriger quelques fautes. Je n'ose le faire moi-même. Mais il faut dire que Jean-Yves privilégie la spontanéité et c'est ce qui me donne toujours envie de le lire. Et puis quand on aime on pardonne bien des choses...
Jean-Yves, tant pis pour les quelques fautes, continue à nous faire partager tes impressions et à nous faire découvrir la Thaïlande.
Martine