mardi 2 septembre 2008

Le Sang a coulé

Cette nuit, ce que tout Bangkok redoutait est arrivé: un affrontement violent entre pro et anti gouvernement a provoqué la mort de l'un des participants.

Depuis dimanche, un groupe de militants supportant le gouvernement et se proclamant du "Front Démocrate Uni contre la Dictature" se rassemblait à proximité de Government House, où le parti de l'opposition (le PAD) tient siège depuis une semaine.
Ces quelques militants pro-gouvernements (reconnaissable à leurs bandeaux rouges, alors que les manifestants du PAD portent du jaune) étaient visiblement là pour en découdre: armés de batons et de casques.
Certains affirment qu'ils auraient été payés par des personnes ayant intérêt à ce que les chses dégénèrent. On parle de 200 Bahts (4€) par jour, ce qui, même ici, est assez peu et fait penser à un groupe de mercenaires désoeuvrés. Mais ce n'est pas la première fois qu'on entend ce genre de choses, et jusqu'à présent, peu de preuves tangibles ont été montrées.

Aux environs de 2 heures du matin, un millier de ces manifestants se sont dirgés vers le lieu de la manifestation. Ils ont finalement réussi à briser le cordon de police qui tentait de garder les deux groupes séparés.
Les affrontements ont duré une quinzaine de minutes, avant que la police, cette fois renforcée par l'armée, n'arrive à ramener l'ordre.
Pendant ce temps, une dizaine de manifestants ont été blessés et l'un d'eux est décédé, frappé au thorax par une balle tirée par un manifestant pro-gouvernemental non identifié.

En conséquence, le Premier Ministre a décidé ce matin à 7h00 (heure locale) de déclarer l'état d'urgence à Bangkok.
C'est la première fois que cette possibilité (offerte par la nouvelle constitution édictée suite au putsch de 2006) est utilisée.
Beaucoup s'interrogent sur les conséquences de cette décision. Pour l'instant, cela signifie qu'un Centre de Commande des Opérations de Sûreté Internes (ISOC) est désormais en charge de la Sécurité à Bangkok.
Le Premier Ministre est à la tête de cette entité, qui sera en réalité sous le commandement conjoint de la police et de l'armée, tentant de faire en sorte que ces affrontements ne se reproduisent pas.

L'issue de cette crise politique est toujours incertaine. Le gouvernement et Samak n'envisagent pas de démissioner, et le PAD ne veut pas se retirer de Government House. Une négociation reste possible, mais prendra beaucoup de temps. Chaque côté semble attaché à ne pas recourir à la violence, mais aucun ne veut perdre la face.
Les évènements de la nuit passée ont montré que, plus longtemps la situation durera, plus grand sera le risque de voir le sang couler de nouveau.

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