lundi 29 septembre 2008

No Comment

Bah... on a mis à peine moins d'un an pour s'en rendre compte.

Merci à Seb et Laure ;-)

lundi 22 septembre 2008

Le vent tourne (?)

La situation politique de la Thaïlande n'a, en apparence, pas vraiement bougé.

Malgré l'éviction du Premier Ministre Samak, les supporters de l'opposition, le PAD, n'ont pas levé leur occuppation des jardins de Government House. Il faut dire qu'ils reprochaient à Samak d'être une marionnette de Thaksin (l'entrepreneur ex-premier ministre éxilé à Londres), mais le parlement a élu, à sa place... le beau-frère du dit Thaksin.
Il cependant a déclaré n'avoir aucun lien avec son beau-frère. Les politiciens ici n'ont vraiment pas froid aux yeux. Même mouillés, voire trempés dans des affaires louches, même en cours d'appel pour condamnation pénale, ou pris en flagrant délit de mensonge, ils restent en place, et personne ne s'en offusque.

Le PAD, a pourtant commencé à envisager, pour la première fois, de négocier. Ils sentent le vent tourner. Ils ont obtenu du changement, même indirectement, et ils sont en train de comprendre que la plupart des gens supportent, non leur mouvement, mais leur opposition à la "dynastie" Thaksin.

La classe politique de Thaïlande est dans un état déplorable. Elle est principalement constituée d'ex-entrepreneurs ou d'anciens juges, policiers et généraux. Bref, des gens avec plein de connexions, et donc plein de conflits d'intérêt.
Leur efficacité à conduire le pays est très loin de celle qu'ils montrent pour servir leurs propres objectifs.
Même le PAD, "Alliance Populaire pour la Democratie" tient cette dernière en si haute considération qu'ils envisagent de réduire (et de beaucoup) l'importance du suffrage universel... Notamment pour limiter l'influence des votes des campagnes, qui ont tendance à élire les populistes de la clique de Thaksin.

Pourtant, de nombreuses voix censées se font entendre. Elles appellent l'opposition à convaincre et non à forcer. Elles donnent, dans la presse surtout, des analyses subtiles de la situation et proposent des solutions intelligentes et de réels idées à long terme pour le progrès du pays. Mais ces voix sont universitaires... et le resteront.
Parce qu'ici, pour faire de la politique, il vaut mieux être copain avec ceux qui ont les sous (secteur privé) ou la force (police et armée).
Etre compétent n'entre pas en ligne de compte.

Jusqu'à ce que cette petite corruption de tous les jours disparaisse, la modernisation du pays sera bloquée par des milliers de petits intérêts privés. Les lois seront contournées et, à l'image de l'urbanisme de Bangkok, le développement sera anarchique et peu efficace.
Quel dommage. La Thaïlande a besoin d'organisation plus que de fonds.

dimanche 21 septembre 2008

Avec télé(phone)-magouille, on s'en fout, plein les...

Au cas où certains d'entre-vous n'en seraient pas encore convaincus, les opérateurs de téléphonie français s'en mettent outrageusement plein les poches.


La preuve? Si l'on fait abstraction des amendes astronomiques payées il n'y a pas si longtemps pour "entente sur les prix" et le forcing fait par Bruxelles pour une diminution des prix du roaming (appel depuis l'étranger avec votre mobile, dont le tarif élevé ne repose sur aucune raison technique ou économique à l'intérieur de l'Europe),  une simple petite comparaison fera démonstration.

En Thaïlande, vous pouvez acheter une carte prépayée pour 200 baht (4€), elle viendra avec 100 baht de crédit (soit 2€). Cette carte prépayée de base vous permet d'appeler fixes et portables du pays pour... 0,75 baht/min, soit 0,015€

Maintenant comparons ul'équivalent français. Une SFR "la carte" vous facturera les appels à... 0,40€/min.

C'est 25 fois plus cher.

Alors oui, le coût de la vie est moindre ici. Environ 2 à 3 fois moins qu'en France. Mais pas 25 fois...

Conclusion: gling gling! C'est le bruit de la caisse enregistreuse... des opérateurs mais aussi, probablement des publicitaires. Contrairement à chez nous, on n'est pas vraiment innondés de pubs pour les nouveaux forfaits ici.

mercredi 17 septembre 2008

Des Immeubles Disco

Nous avons passé le week-end dernier à Hong-Kong, pour faire un peu de tourisme et rendre visite à des amis.
Deux jours, c'est court, mais suffisamment pour avoir eu un aperçu très alléchant de ce que cette ville a à offrir. Le contraste avec Bangkok est saisissant. Richesse économique et influence Britannique ont fait de cette métropole une ville moderne, organisée et agréable.

Hong Kong n'est pas une agglomération coincée sur un petit bout d'île. Son territoire est vaste, et la ville est répartie sur plusieurs îles assez proche les unes-des autres, mais laisse une grande place à la nature. Le relief est escarpé, et les constructions restent cantonnées au bord de mer, organisant un paysage splendide, de montagnes verdoyantes et de gratte-ciel modernes se refletant dans la baie.

Les Thaï adorent aller à Hong Kong pour le shopping, malgré plus de 2h de vol. Je m'attendais à une profusion de petits magasins de rue pas chers et des prix canons... Pas du tout! Les prix sont, globalement, plus élevé qu'en Thaïlande.
En fait, je suppose que le plaisir qu'ils ont à s'adonner au shopping ici vient du fait qu'il est agréable de se ballader dans la ville. Il y a de vrais trottoirs, plats et pas encombrés. Les rues bien dessinées et de nombreuses zones sont piétonnes, notamment le long de la baie... Exactement le genre de choses qui manquent à Bangkok. Bien sûr, le niveau de richesse est différent. Hong Kong, plateforme économique et logistique mondiale peut se le permettre: nombreuses lignes de métro, de ferry et de bus interconnectés, que l'on peut prendre avec une seule et unique carte Octopuss. Sans oublier les nombreux bâtiments culturels, bibliothèques et musées ultra-modernes.
Il y a même, tous les soirs, un spectacle extraordinaire de "son et lumière" synchronisé à l'échelle de la ville. Les plus grands buildings clignotent et scintillent en rythme.
L'opulence crève les yeux.
Mais je ne peux m'empêcher de penser que, avec un peu de volonté, Bangkok pourrait, elle aussi, proposer ce genre de déambulaions agréables. Mais l'histoire nous montre que, malheureusement, les politiques de Thaïlande sont tout sauf intéressés par le développement à long terme. L'urbanisation de Bangkok est anarchique. Les nouvelles lignes de Skytrain sont toujours reportées, et la mairie de Bangkok ne cherche visiblement pas à planifier quoi que ce soit. Il serait pourtant tellement facile de transformer les rives de la Chao Praya en un bel endroit de promenade, agrémenté de restaurants, bars etc...

Pourtant, malgré le côté policé de la ville, nos amies de Hong Kong sont unanimes: elles préfèrent Bangkok. HK est impeccable, agréable... mais personne n'en profite. La pression sociale à la réussite est énorme. Les Hongkongais passent leur vie au travail, et ne profitent, finalement, que très peu de ce bel environnement. Le fameux "sourire thaï" manque énormément à ceux qui en ont fait l'expérience.

Celles qui en profitent presque le plus, ce sont les milliers (millions?) de bonnes Philipino qui, à l'occasion de leur congé hebdomadaire du dimanche, se retrouvent aux quatre coins de la ville pour un pique-nique. L'image est extraordinaire. La ville semble avoir été transporté à Manille...

Pour notre part, nous n'avons pas pique-niqué, nous avons profité des conseils avisés de Rachel et Steffi qui nous ont amnés dans les restaurants les plus typiques de HK. Ici s'arrête l'influence Britannique et commence la culture chinoise: la cuisine est délicieuse!

mardi 9 septembre 2008

Un dénouement culinaire à la crise politique

La surprise du chef!


Le Premier Ministre Samak, abhorré de nombreux Thaïlandais notamment pour ses liens avec son prédécesseur Thaksin a été démis de ses fonctions il y a quelques minutes.
Pas par le sénat ou le parlement.
Pas par les manifestants du PAD qui campent depuis deux semaines dans les Jardins de Government House.

Mais à cause de son goût pour la bonne bouffe.

Véridique!

La Cour Constitutionnelle de Thaïlande vient de rendre son verdict. L'activité de présentateur d'émission culinaire que Mr. Samak exerçait avant sa nomination et qu'il a continué au moins à deux reprises depuis sa prise de fonction est rémunérée. Les sommes perçues ne sont pas des dédommagements mais bien un salaire versé par un employeur... ce qui est contraire à la Constitution, sui stipule que le Premier Ministre, durant son mandat, ne peut exercer de telle activité.

Plusieurs remarques me viennent à l'esprit.

D'abord, bravo à ce qui ressemble pas mal à une pirouette.
Cette destitution arrange presque tout le monde. Le PAD, qui réclamait la démission en préalable à toute discussion a ce qu'il veut sans que le gouvernement n'ait eu réellement à céder. Même Samak s'en tire sans vraiment perdre la face... démis pour une petite entorse pas bien grave au règlement, il part sans baisser la tête.
De là à imaginer que la décision des juges à été influencées par leur désir d'offrir une possibilité d'issue à la crise, il n'y a qu'un pas.

Ensuite, je ne peux m'empêcher de sourire quant à la raison de cette destitution, et à la parfaite illustration de l'état de la classe politique Thaïlandaise que cet épisode met en lumière.
Vous nous voyez élire Maïté? Hé bien ici, ça ne leur fait pas peur. Entre un présentateur d'émission de cuisine et un magnat des télécoms multi-millilonaire, les premiers ministres se suivent et se ressemblent.

Les prochaines heures nous en diront beaucoup sur l'avenir de la crise politique.

jeudi 4 septembre 2008

Crise politique en Thaïlande: Vers une issue démocratique?

Après la proposition de négotiation annoncée hier par le parti d'opposition PAD, c'est au tour du gouvernement de Mr. Samak de faire un pas vers une conciliation.


Cette "trève" est encore très fragile, mais après presque 48h sans incidents, une issue démocratique semble se dessiner.
Le cabinet du Premier Ministre a en effet décidé de mettre sa légitimité à l'épreuve d'un référundum national.
Cette proposition doit désormais être validée par le Sénat, et la formulation exacte du Referundum être décidée par le Conseil d'Etat, mais c'est une véritable avancée après plusieurs semaines où chaque camp s'est contenté de camper fermement sur ses positions.

On attend  désormais la réaction officielle du PAD.
Ce referundum est probablement la meilleure option de sortie de crise... les prochaines heures nous permettront sûrement de voir plus clair.

mercredi 3 septembre 2008

Blogspot bloqué, censuré?

Depuis deux ou trois jours, l'accès à la page me permettant de poster mes articles est aléatoire.
Il semble que je ne sois pas le seul touché en Thaïlande.

Certains parlent d'un blocage volontaire.

Ce ne serait pas la première fois cependant. Youtube a été bloqué pendant un certain temps il y 2 ans, suite à une vidéo insultante pour le roi qui s'y trouvait, et il y a un historique de blocage "mal faits": a l'origine, seul un site (ou un blog) est visé, mais les techniciens se plantent et bloquent, par exemple, l'ensemble des blogs.

En ce qui concerne la situation politique, la nuit a été calme. Le PAD a même ébauché l'idée d'un compromis...


Mise à jour:
Ca remarche... Néanmoins, il semble que personne à Bangkok n'avait accès, alors que le reste du monde pouvait se connecter. Ca sent la boulette technique lors d'une tentative de blocage d'un blog.

mardi 2 septembre 2008

Le Sang a coulé

Cette nuit, ce que tout Bangkok redoutait est arrivé: un affrontement violent entre pro et anti gouvernement a provoqué la mort de l'un des participants.

Depuis dimanche, un groupe de militants supportant le gouvernement et se proclamant du "Front Démocrate Uni contre la Dictature" se rassemblait à proximité de Government House, où le parti de l'opposition (le PAD) tient siège depuis une semaine.
Ces quelques militants pro-gouvernements (reconnaissable à leurs bandeaux rouges, alors que les manifestants du PAD portent du jaune) étaient visiblement là pour en découdre: armés de batons et de casques.
Certains affirment qu'ils auraient été payés par des personnes ayant intérêt à ce que les chses dégénèrent. On parle de 200 Bahts (4€) par jour, ce qui, même ici, est assez peu et fait penser à un groupe de mercenaires désoeuvrés. Mais ce n'est pas la première fois qu'on entend ce genre de choses, et jusqu'à présent, peu de preuves tangibles ont été montrées.

Aux environs de 2 heures du matin, un millier de ces manifestants se sont dirgés vers le lieu de la manifestation. Ils ont finalement réussi à briser le cordon de police qui tentait de garder les deux groupes séparés.
Les affrontements ont duré une quinzaine de minutes, avant que la police, cette fois renforcée par l'armée, n'arrive à ramener l'ordre.
Pendant ce temps, une dizaine de manifestants ont été blessés et l'un d'eux est décédé, frappé au thorax par une balle tirée par un manifestant pro-gouvernemental non identifié.

En conséquence, le Premier Ministre a décidé ce matin à 7h00 (heure locale) de déclarer l'état d'urgence à Bangkok.
C'est la première fois que cette possibilité (offerte par la nouvelle constitution édictée suite au putsch de 2006) est utilisée.
Beaucoup s'interrogent sur les conséquences de cette décision. Pour l'instant, cela signifie qu'un Centre de Commande des Opérations de Sûreté Internes (ISOC) est désormais en charge de la Sécurité à Bangkok.
Le Premier Ministre est à la tête de cette entité, qui sera en réalité sous le commandement conjoint de la police et de l'armée, tentant de faire en sorte que ces affrontements ne se reproduisent pas.

L'issue de cette crise politique est toujours incertaine. Le gouvernement et Samak n'envisagent pas de démissioner, et le PAD ne veut pas se retirer de Government House. Une négociation reste possible, mais prendra beaucoup de temps. Chaque côté semble attaché à ne pas recourir à la violence, mais aucun ne veut perdre la face.
Les évènements de la nuit passée ont montré que, plus longtemps la situation durera, plus grand sera le risque de voir le sang couler de nouveau.

lundi 1 septembre 2008

Une odeur de barricades

Aujourd'hui, je suis encore au chômage technique.
Les manifestants du PAD sont toujours là, à quelques metres de mon lieu de travail, qui reste donc fermé (au mieux) jusqu'à mercredi.

Mais ce matin, il a quand même fallu que je m'y rende, afin de remplir quelques paperasses qui me permettront d'avoir ma paye à la fin de la semaine.
C'était l'occasion d'aller voir ce qu'il se passe... j'ai pas pu résister. J'ai même ramené quelques photos (pour une fois, je pompe pas les sites de news).

La première constatation, c'est que c'est calme. Peut-être l'heure très matinale de ma visite y est pour quelque chose. Toujours est-il que, comme je l'avais dit dans un post précédent, on est loin des images d'insurrection et de violence que l'on peut voir dans les journaux.

Violence il y a eu. Certes. Mais d'une ampleur étonnament limitée en regard du nombre effarant de manifestants (plusieurs dizaines de milliers, et ce depuis plus d'une semaine). Le tout se limite à quelques bleus.
L'utilisation de quelques grenades lacrymogènes samedi fait même grand bruit. La police et les manifestants se renvoyant la balle, chacun affirmant que c'est l'autre qui les a lancées. Le PAD, un peu gonflé, a même porté plainte contre la police pour cela (sic!).

Dans le Bangkok Post, le Directeur de l'Institut d'Etude des Relations Internationales de Thailande tente de comprendre pourquoi la réaction de la police est si mesurée.
Cette prudence s'expliquerait par le souvenir encore très vivace du massacre lors des manifestations étudiantes d'Octobre 1976 et celui de la répression des manifestations de 1992.
Le Premier Ministre Samak, est connu pour être un peu soupe au lait, et même souçonné d'avoir joué un rôle dans les évènements de 76... c'est probablement pour cela qu'aujourd'hui il joue la carte de l'apaisement.

Mais cette tolérance a un effet notable: elle laisse complêtement libre de mouvement les manifestants du PAD. Leur installation est impressionnante. Les moyens sont là: grandes tentes, quartiers de stockage de vivres, infirmerie, toilettes mobiles.
Les petits vendeurs ambulants se frottent les mains. Ils ont amenés leurs charettes au coeur du campement, approvisionnent et divertissent les protestataires.

Autour, de solides barricades ont eu largement le temps d'être installées: barrières de métal, cartons et même barbelés. Derrière, bâtons, casques et boucliers en contreplaqué sont prêts à être utilisés, au besoin.

On ne sent pas vraiment de tension. La présence policère est discrète, le trafic (et les bouchons) continuent comme tous les jours au pied même des palissades... mais on ne voit pas non plus comment la situation peut se débloquer.

Au cas où, des ambulances sont stationnées à proximité des lieux, mandatées par l'une des princesses de la famille royale.

Peut-être la majorité silencieuse, celle qui n'aime ni Samak et son "chef spirituel" Thaksin, ni les agissements du PAD, va-t-elle finir par se faire entendre. Des universitaires tentent de lancer une opération "ruban blanc", pour que la population montre son attachement à la démocratie plus qu'à l'un des deux camps qui se chamaille aujourd'hui.