lundi 21 juillet 2008

Conseils aux voyageurs. 1: Les Bagages

Le premier post de la série "Conseils aux voyageurs" concerne les choses à emmener (ou pas) dans les bagages en prévision des vacances en Thaïlande.
Je rajouterai sûrement des lignes au fur et à mesures des expériences (et éventuellement) des commentaires sur le blog.

A emmener:
Voilà quelques petites choses auxquelles ne pensent pas toujours les amis qui me rendent visite, pourtant, c'est bien pratique ici.

  • un parapluie:
    Il fait beau en Thaïlande. Même pendant la "saison des pluies". Mais quand il pleut, c'est pas de la bruine. Alors dans un tel cas, mieux que le k-way: le parapluie mini. Les averses durent généralement quelques minutes, le parapluie suffit à ne pas se faire détremper. Bizarrement, ceux qu'on trouve ici sont assez gros (ou alors petits avec plein de "Hello Kitty" dessus).

  • un téléphone portable:
    Ici, on achète une carte SIM dans toutes les épiceries (genre 7-eleven ou Family Mart) en 30 secondes pour 4€ dont 1€ de communication. Ca suffit pour donner le numéro à l'hôtel, la compagnie aérienne, à la famille où à l'agence qui organise l'excursion pour le lendemain. Et, au cas où, donner un petit coup de fil, sans chercher pendant 3 jours cabine, pièces etc... remarque: vérifié que votre téléphone n'est pas bloqué pour n'accepter qu'un opérateur. Si vous l'avez depuis plus de 6 mois, votre opérateur vous le débloquera en 1 coup de fil.

  • la biafine:
    Plages + tropiques + touriste = coups de soleil. Protégez-vous au maximum, mais au cas où, emmenez la biafine. Les pharmacies sont nombreuses, pas chères et bien fournies ici, mais ne proposent rien de vraiment comparable. Il faut dire qu'ils sont moins sujets aux coups de soleil que nous.

  • une photocopie du passeport:
    Les Thaï sont particulièrement honnêtes. Voyager ici est très sûr. Pas de phobie du pickpocket à avoir. Par contre, perdre son passeport à l'eau lors d'une escapade en bateau ou dans la boue lors des ballades à dos d'éléphant, c'est couillon. Faites confiance à votre hôtel, laissez-y votre passeport, et n'emmenez qu'une copie. Largement suffisante dans tous les cas.

  • un stylo:
    Pour avoir le temps de remplir tranquillement la carte d'arrivée pour l'immigration thaï distribuée dans l'avion. Pour ne pas perdre de temps à la douane, remplissez bien tous les champs, notamment celui de l'adresse en Thaïlande. Même si vous n'en avez pas encore, prenez un hôtel au hasard dans le guide et inscrivez (par exemple) "GOLDEN INN, BKK". Pas plus de précision que ça. Ce n'est pas l'exactitude des infos qui sera vérifiée, mais le fait que la case soit remplie.

  • une petite laine:
    Emmenez un truc pas encombrant, mais qui a des manches et ferme assez haut. L'utilité est pour visiter le Grand Palais (pas d'épaules nues) et éviter la pneumonie quand on tombe chez un excité de la clim' (suivant les jours: taxi, skytrain, restaurant et, surtout, cinéma).
A laisser à la maison:
Il y a des choses qui ne sont pas vraiment utiles ici, mais qu'on a toujours tendance à vouloir emmener.

  • 70 kg de produits de beauté:
    Oui, mesdames, je comprends. Mais ici, vous pourrez pas lutter contre l'humidité et la chaleur. Ne vous encombrez pas pour rien, juste un petit nécessaire de base suffira à limiter les dégats. Pour le reste, photoshop pourra vous aider à posteriori. On trouve des lilngettes matifiantes très efficaces dans les 7-eleven, Boots et Watson's.

  • un sèche-cheveux:
    Avec l'humidité dont je parle juste avant, ça peut se justifier. Mais si vous êtes un peu juste au nivau place, laissez-le en France. Beaucoup d'hôtels en prêtent, et un coiffage pro vous coutera entre 20 et 60 baht chez le coiffeur du coin, avec un petit massage du cuir chevelu en prime. N'hésitez pas à en profiter, j'en connais beaucoup qui ont été agréablement surprises.

  • trop de vêtements:
    Déjà, il fait chaud. Alors pulls, vestes, etc, c'est pas la peine. Et puis c'est tellement pas cher ici, que c'est le bon moment de refaire son armoire de fringues d'été. Et puis s'il vous plait: pas de chemisette à carreaux. Ca sent le touriste français à 20km, et en plus c'est pas mal ringard.

  • un adaptateur de prises:
    Ici, pas de standard précis pour les prises. Vu qu'ils produisent pour les 4 coins du globe, ils ont tous de l'électroménager et de l'informatique avec des prises diverses. Alors comme dans la plupart des pays d'Asie, ils sont équipés de prises murales "adadptateur" par défaut dans lesquelles on peut tout brancher (en termes de voltage, c'est 220V-50Hz, comme chez nous).

  • le traitement anti-palu:
    Hormis pour le trekkeur invétéré, qui va passer 15 à la frontière Birmane à dormir dans la jungle et crapahuter les montagnes, le traitement est à oublier. Il va vous rendre malade pour rien. Le palu n'est présent que dans des zones très perdues en Thaïlande où vous n'êtes pas suscecptibles d'aller. Le risque est minuscule. Un bon anti moustique et un peu de précautions sont bien plus efficaces.

  • de l'anti-moustique:
    Vous pouvez emmener le votre bien sûr, mais ici, ils en vendent un super bien et moins cher que nous. C'est le "Off" familiy. Il est adapté aux moustiques tropicaux (DEET) mais a le mérite d'être pas trop désagréable en odeur et en texture. Vous le trouvez dans les épiceries, 7-eleven et parapharmacies.
A acheter sur place:
Venez avec un minimum. Acheter sur place vous fera faire des économies.
Voilà quelques exemples de trucs pas cher à ramener en France:

  • des vêtements:
    On trouve de tout, toutes les qualités, mais toujours à un prix inférieur à chez nous (voire carrément moins cher pour le basique). Achetez des "faux" si vous voulez, à vous d'espérer que la douane française sera pas regardante. Mais honnêtement, les non-faux sont tout aussi bien.
    Les adresses (voir le détail dans tout bon guide): MBK, Platinum Mall, Siam Center, Chatuchak (JJ) weekend market...

  • de l'électronique:
    On peut faire de belles économies ici. Surtout en marchandant des accessoires supplémentaires. Mon numérique, je l'ai eu à presque 50% du prix en France. Demandez les modèles européens avec garantie constructeur, que vous pourrez faire jouer une fois rentrés (donc pas de risque).
    Les adresses: Pantip Plaza, éviter MBK (cette fois-ci) sauf si vous cherchez de l'occasion.

  • de la déco:
    Des super trucs pour décorer chez soi. En général de l'artisanat local. Tableaux, vaisselle, meuble. Style asiatique ancien ou moderne. Et très souveent la possibilité de faire expédier par bateau les plus volumineux (pas cher et sûr).
    Les adresses: Chatuchak week-end market, Suan Lum night bazar, Chiang Mai Sunday Market ou Night market.

Et pour emmener tout ça: un bon gros sac en plastique renforcé avec zip et poignées. Ca vous coutera 2 euros, et résistera très bien au voyage, sans vous alourdir.

vendredi 18 juillet 2008

La discorde et son instrumentalisation

La nouvelle commence à apparaître dans nos journaux français. Forcément, comme on parle de soldats et de kalashnikov, c'est plus croustillant... Mais bien trop réducteur.

Le 7 juillet dernier, l'UNESCO, en dépit des désaccords subsistant entre la Thaïlande et le Cambodge, a accordé à ce dernier le classement au patrimoine mondial du temple de Preah Vihear.
J'en avais déjà parlé en juin dernier ici

Depuis, les remous ont été nombreux. Le ministre des affaires étrangères, M. Noppadon, a été forcé à la démission après l'accord de conciliation qu'il avait trouvé avec le Cambodge sur ce sujet ait été déclaré illégal: il n'a pas le droit de décider seul de modifications sur les limites du territoire national.
Ensuite, trois activistes ont franchi la frontière pour aller déployer le drapeau Thaï sur le temple, se sont fait arrêter puis relâcher, non sans augmenter fortement la tension entre les deux pays qui ont alors renforcé leur présence militaire dans la zone.

Pourtant, les deux gouvernements semblent près à discuter. Les deux premiers ministres Hun Sen et Samak se sont parlés et ont convenu d'une réunion lundi.
Mais dans les deux pays, le côté international de cette affaire est largement dépassé par les enjeux locaux. Au Cambodge, les élections approchent et en Thaïlande, le gouvernement est dans la tempête.
Procès pour corruption, fraudes éléctorales et fraudes fiscales s'accumulent. Le parti au pouvoir est menacé de dissolution... et cherche à modifier la loi sur les partis afin de l'éviter (joli cynisme). Alors ces gesticulations de frontières, qui ne me semblent vraiment pas représentatives du sentiment des Thaïlandais sur cette affaire, en arrangent beaucoup.
Le gouvernement, d'un côté, qui cherche à montrer ses biceps et à focaliser la presse sur autre chose que les nombreux procès en cours. Et l'opposition, qui voit dans cette crise l'occasion de fragiliser le gouvernement et cherche à tout prix à souffler sur les braises.

Mes amis et collègues Thaï ne tiennent pas de discussions passionnées sur ce sujet. Quand ils l'évoquent, c'est pour déplorer qu'on en soit arrivés là et éventuellement se plaindre des français pour les avoir filoutés à l'époque. (c.f. post) . Dans Bangkok, je ne vois pas de banderoles réclamant la restitution du temple, pas de manisfestations ni de t-shirts. Si vous voulez en voir, il faut aller devant le siège de l'ONU, là où les manifestants du parti de l'opposition se sont déplacés après avoir bloqué le Palais du gouvernement.

Mais ça, ce n'est pas vraiment ce qu'en disent les journaux français que j'ai pu lire. La robe des juges c'est moins sexy que le treillis.

lundi 14 juillet 2008

En vrac

Quelques petites brèves, pour changer.
Aucun rapport entre elles.

Gros Crocos:
Aujourd'hui, on a emmené une partie de l'école faire une excursion au zoo de Samphran. Au menu, grosse chaleur, zozos qui mettent leur tête entre les machoires de gros sauriens et éléphants qui jouent au foot.
Rien d'exceptionnel, mais à noter que les gamins ont adoré, et sont franchement facile à vivre même dans ces conditions un peu spéciales.
Je suis quand même rentré bien fatigué. Il a fait très chaud aujourd'hui.


Petite "translation":
Je démarre bientôt une petite activité de traducteur "freelance" en complément de mon mi-temps de prof. Je vais traduire de l'anglais au français des articles pour une société de réservation hotelière sur internet. ( http://www.hoteltravel.com ) Etant en partie basés en Thaïlande, ma localisation les arrange bien: ils pourront me payer par virement sans payer de frais.
Je serai payé au mot, a première vue je vais pouvoir me faire de petites économies sympa à raison de quelques heures sup' par semaine.
C'est que, à force de "blablater" sur le blog, j'ai repris goût à la prose et amélioré ma vitesse de frappe.


Ma radio à moi:
Vous en avez marre de ces stations de radio qui vous remplissent de musique prémachée, de pubs et de "singles" joués 12 fois par jour?
Voilà LA radio: musicovery.com
Le concept est simple. Et gratuit.
Basé sur les bibliothèques musicales de iTunes et Amazon, le site vous propose une programmation personnalisée en 3 clics.

1 - Accédez au site
2 - Cliquez dans la zone qui correspond à votre "humeur" musicale (+ ou - dansant, + positif ou + sombre).
3 - Decochez les styles musicaux qui ne vous plaisent pas.

Et voilà. Le site enchainera les musiques en fonction de cela, passant intelligemment d'une chanson à une autre proche en tempo ou style. C'est bluffant.
Il y a la version "ambiance" et la version "soirée".
Si en plus vous créez un compte gratuit, il mémorisera les chansons que vous n'aimez pas (quand vous passez à la suivante avant la fin) et ajustera en fonction.
Si vous créez un compte payant (3€ par mois), il passera la musique en HiFi (mais franchement, la version de base est déjà propre).

Un super moyen (légal), d'écouter de la musique sur internet, d'étendre sa culture musicale et (accessoirement) d'agrémenter vos soirées sans vous prendre la tête.


Bonne Fête:
Petite pensée pour ceux qui ne travaillent pas aujourd'hui.

samedi 12 juillet 2008

La blague du jour

Céline Dion, sa musique, elle est vraiment à ch...


...

Désolé.

Ton plan, c'est du chinois

Aujourd'hui, petit post sur un phénomène qui a dû faire craquer plus d'un touriste en visite en Thaïlande.

La base de notre orientation (je parle pour les franaçais au moins, voire plus globalement les occidentaux) repose sur une représentation des choses sous forme de plan. Lorsqu'on demande à un ami de nous expliquer comment aller chez lui, si c'est un peu cmpliquer, il va naturellement prendre un papier, un crayon et dessiner un rapide petit croquis qui rend les choses plus claires.
Lorsqu'on choisit un guide touristique, un des critères est la présence de plans pratiques des sites et villes à visiter. On aime savoir "où" on est, en y mettant le doigt.

Hé bien ici. Pas du tout.
Les illustrations sont nombreuses:

Si vous prenez un taxi et qu'il ne comprend pas où vous voulez aller (ça arrive, il y a certains mots assez imprononçables), ne perdez pas votre temps à lui montrer un plan si la destination n'est pas écrite en Thaï dessus. Ca ne lui dira rien. Juste un joli dessin avec plein de traits.
Essayez plutôt de lui indiquer un lieu connu et proche puis de le guider vous même ("left, right, stop!!!").

Le très modèrne SkyTrain possède à chaque station un plan des environs. Très pratique. Mais très vite perturbant. Il est orienté par rapport à l'endroit où il est posé. Pas nord-sud. Alors pour comparer avec votre guide et vous y retrouver, c'est assez sportif. D'ailleurs, le même plan se trouve au dos du panneau, et est donc orienté à l'envers par rapport au premier.

Il n'existe pas de plan des lignes de bus. Tout du moins, je n'en ai pas trouvé (la preuve ici). Il y a des centaines de lignes et pas de plans. Seules quelques guides tracent une dizaine de lignes et leurs principaux arrêts près des sites touristiques. Ce n'est pas suffisant. Alors je me suis étonné: "comment savoir quel bus prendre?"... On me répond: "Il faut connaître, ou alors demander à quelqu'un". Quelqu'un? Qui? Où, quand, comment? C'est envisageable pour le même trajet quotidien, vers le boulot par exemple. Car on peut demander au départ et à l'arriver aux collègues et voisins. "Où est l'arrêt le plus proche?" (ils sont très discrets), "Où va ce bus?", etc... Mais franchement, pour un trajet occasionel, c'est pas la peine.
Pourquoi pas de plan alors??? Hé bien parce que personne en Thaïlande ne les utiliserait.

Force est de constater que, dans leur vaste majorité, les Thaïlandais ne savent pas lire un plan.
Oui, ça peut paraître étonnant à la vue du dédale de rues qu'est Bangkok, mais c'est ainsi.
Bien entedu, ce n'est pas du tout par ignorance ou manque d'éducation. C'est simplement que ça ne correspond pas à la façon de s'orienter et de se représenter le monde.
Ici, l'orientation est verbale: "Va ici, puis tourne à droite au feu, dépasse l'hopital, etc...". On utilise ça chez nous aussi, quand les directions à donner sont assez simple ou pour les femmes (arf arf, je vais avoir du courrier), mais ici c'est le mode d'orientation unique et exclusif.

Mon opinion est que cela provient de deux choses. D'abord, jusqu'à il n'y a pas si longtemps, beaucoup de Thaïs, principalement dans les campagnes étaient analphabètes. Ca a changé, mais les habitues orales restent.
Et puis l'organisations de leurs villes et des rues est propice à cette façon de se diriger. Il y a une sorte de hiérarchie pyramidale.
J'en ai déjà parlé: on part de la rue principale, puis on prend dans une des rue adjacentes numérotées (un "soi"), qui, lui même, possède souvent la série de petites rues adjacentes numérotées dans l'ordre (pairs d'un côté, impars de l'autre).
Ainsi, en connaissant la rue principale (finalement, il n'y en a pas tant que ça dans Bangkok) puis les numéros des "sois" et "sous-sois", on arrive à destination.

Voilà un petit exemple:


Perturbant, mais pratique une fois qu'on connait.

Ca m'empêchera pas d'apprendre à mes petits comment lire ou écrire un plan simple.
Parce que s'ils doivent voyager hors de Thaïlande, ils vont être perdus.
En attendant, on les emmène lundi à la "Ferme aux Crocodiles". Je les ai prévenus, ceux qui sont pas sages, on les jette au crocos.

Ils ont rigolé.
Bravo la crédibilité.

lundi 7 juillet 2008

Le plus beau pays du monde

Ce week-end, à l'occasion d'un mariage, jai effectué une petite excursion hors de Thaïlande.
Etait-ce raisonnable, je n'en étais pas sûr, mais l'occasion de visiter une des plus extraordinaires destinations touristiques de ce monde ne se présente pas forcément tous les jours.
Si fréquenté et admiré, ce pays a bien meilleure réputation que ces habitants. Eux-même ne s'aiment pas trop, en fait. Pourtant ce sont des gens charmants: on se rend vite compte qu'en faisant le petit effort d'un sourire et d'un mot gentil, on arrive à révéler leur vraie nature accueillante et charmante.

Mais voilà, dans un élan national de masochisme assez incomprénsible, ils se complaisent aujourd'hui dans une déprime paralysante. Focalisés sur ce qui ne va pas, sur leur propres défauts et échecs, ils s'entraînent les uns les autres dans une spirale sans fin qui va jusqu'à leur faire oublier combien est formidable le pays dans lequel ils vivent.

Certes, tout ne tourne pas rond. Je ne ferai pas ici la liste de leurs préoccupations, ils se la repassent tous les jours en boucle jusqu'à la nausée à la télé, la radio, entre amis ou au travail.
Mais peuvent-ils réellement croire qu'il existe un lieu où tous ces aléas, défauts et dysfonctionnements n'existent pas?
Dans mon "paradis" de Thaïlande, le coût de la vie augment, lui aussi. Le trafic est paralysé quotidiennement dans Bangkok parce que les élus passent leur énergie dans des luttes intestines et non dans la résolution des problèmes pour lesquels ils sont mandatés. Dans certaines régions, les gens ont à peine de quoi vivre, les poussant parfois au crime et à la prostitution.
Pourtant, les Thaïlandais ont pris le parti de ne pas se laisser affecter par cela. Le parti d'être heureux... Et finalement, ils le sont.
Comme ils nous le montrent, pour être heureux, il faut en tout premier lieu avoir décidé de l'être.

Vendredi matin, à l'aube, quand je descend de l'avion, ma première impression est le sentiment de douceur que procurent les lieux et l'atmosphère. L'air est un peu frais si tôt le matin. Délicieusement sec. Les premiers rayons de soleil qui teintent d'organe le verre et la pierre de la capitale réchauffent les yeux et le coeur.
Le trajet en voiture pour quitter l'aéroport me parait s silenceux et confortables. Les routes sont aussi lisses que du billard, la signalisation claire et le trafic bien moins chaotique qu'à Bangkok.

Je passerai ma première journée sur place à profiter de la compagnie de mes hôtes et à me régaler des spécialités locales, régalant un palais en manque.

Après une nuit réparatrice, doucement réveillé par le pépiement des moineaux, nous nous dirigeons vers la gare afin de prendre le train vers le sud du pays et le mariage de mes chers amis.
Malgré la cohue des départs de vacances, tout me parait si propre et organisé. La rame ressemble à un hotel de luxe. Couleurs assorties, matières agréables et design moderne rendent ce voyage encore plus agréable qu'il ne l'était.
Le train glisse à travers la campagne, offrant au passagers un patchwork de jaune des champs, vert des prés et mauve des champs de lavande.

Une fois arrivés à destination, les pierres blanches et le chant des cigales me tranportent dans un autre monde. J'ai envie de tout embrasser... Non... de tout avalaer. Ici aussi la cuisine est délicieuse. Dans ce pays, elle est comme un condensé comestible de chacune des régions. Tantôt petit et raffiné, tantôt chaud et ensoleillé.

A l'occasion de ce mariage qui me remplit de joie, je vais pouvoir continuer de m'imprégner le corps et l'esprit de ce pays que j'aime tant, et qui devrait s'aimer plus.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Je suis déjà dans les transports qui me ramènent à ma patrie d'adoption qu'est la Thaïlande.
Je ne cesse de regarder les photos dans mon appareil numérique, tentant de me convaincre que tout cela n'était pas un rêve.

Oui, j'ai bien passé deux jours dans un des plus beaux pays du monde, en compagnie de ma famille et des amis qui me sont si chers.
Que demander de plus?

Peut-être que cette France s'aime elle-même un peu plus.

jeudi 3 juillet 2008

Le Temple de la discorde

Depuis plusieurs semaine, un sujet de dispute entre la Thaïlande et le Cambodge at été ravivé... Et (encore une fois?) la France coloniale a quelque chose à voir avec ça.

Commençons par le début:
Le temple de Preah Vihear est un monument d'architecture Khmer datant du 12ème siècle, qui se site à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge. La civilisation Khmer a régné à cette époque sur un territoire assez large comprenant notamment ce qui est actuellement le Cambodge, une partie du Laos et de la Thailande. Leur plus impressionnante réalisation est le célèbre "Angkor Vat" (voir photo).
Peu après les royaumes de Siam et du Vietnam ont pris de l'ampleur, et n'ont cessé de grignoter le territoire et l'influence des Khmers, jusqu'à ce que cette civilisation s'écroule, abandonne Angkor et, bien plus tard, à la fin du 19ème siècle, ne se place sous protectorat de la France, alors puissance coloniale ayant le contrôle du Vietnam.

En 1904, la Thaïlande et la France se sont réunis afin de trouver un accord sur le tracé de la frontière. Ils ont décidé que celle-ci suivrait la crête du massif montagneux de Dângrêk. Les Français ont alors tracé les plans précis et remis ceux-ci au gouvernement Thaï, qui n'a pas émis d'objection et tout le monde est reparti satisfait.
Le "hic", c'est qu'en l'occurence, les français ont (volontairement ou pas) dérogé à la règle énoncée et inclus le temple dans le Cambodge, bien qu'il se situe sur le versant "Thai" du massif... et est d'ailleurs ainsi bien plus facilement accessible de ce côté.

Mais le gouvernement Thaï a pourtant contresigné ces plans...

A peine la décolonisation française entamée, la Thaïlande prend possession du temple, au dépends du Cambodge, qui porte plainte auprès de la Cour Internationale de justice.
Ils obtiennent gain de cause en 1962. Notamment parce que, bien qu'en possession des plans précis de la frontière, la Thaïlande n'a pas émis d'objection, et que la "règle" de la crête n'était que verbale et seulement destinée à aider au tracé.
Après quelques gesticulations, la Thailande se retire, et les deux pays trouvent une position de compromis où, bien que le temple soit derrière la frontière Cambodgienne, l'accès par la Thaïlande et pour les Thaï est totalement libre.

Jusqu'au mois dernier, tout cela fonctionnait très bien. C'est alors que le Cambodge a déposé un dossier après de l'UNESCO afin d'enregistrer le temple au Patrimoine Mondial. Avant de faire cela, ils se sont assurés que la Thaïlande ne poserait pas de problèmes. Les représentants des deux pays se sont même rencontrés à Paris le 22 Mai dernier, et ont trouvé un accord modifiant de nouveau la frontière afin qu'elle suive de plus près la crête, mais en même temps laisse le temple au Cambodge.
A la suite de cette réunion, la Thaïlande a officiellement soutenu le dossier du Cambodge auprès de l'UNESCO.

Mais voilà, ce gouvernement Thaï, je l'ai déjà expliqué, est plus que controversé... Et l'opposition, le parti Démocrate, a sauté sur l'occasion pour essayer de lancer une nouvelle attaque.
Agitant le drapeau nauséabond du nationalisme, ils ont réussi à raviver les tensions entre les deux pays. Au nom de la "souveraineté et de la fierté nationale", ils ont accusé le gouvernement de vendre la Thaïlande.
On parle ici de 4,6 km² et d'un territoire considéré internationalement comme Cambodgien depuis 1962. En fait, si on considère que la frontière d'origine est celle fixée par la Cour Internationale, alors les Thaï ont fait une bonne affaire, gagnant le terrain situé de leur côté (temple mis à part).
Mais les nationalistes, bien sûr, n'ont jamais considéré cette décision comme valable, préférant le "flou artistique", et l'accord clair du gouvernement sur la frontière est une véritable insulte à leurs yeux.

Aujoud'hui, les relations entre les deux pays sont très tendues, chaque embassade protégée et ce qui aurait du être un geste fraternel s'est changé en appel à la stupidité du nationalisme aveugle.

Cependant, il est bon de s'interroger sur les raisons d'un tel soutien du gouvernement au projet Cambodgien.
C'est un dossier explosif, ils le savent bien, alors pourquoi prendre le risque d'aller si loin dans ce sens? La réaction des nationalistes n'est pas vraiment surprenante... pourquoi avoir pourtant agi ainsi?
On découvre alors que le fameux ex-premier ministre Taksin, richissime entrepreneur, politicien, corrupteur et mégalomane (sympathique mélange) et à qui l'actuel gouvernement reste tout dévoué a justement un projet de constructiton d'une "ville nouvelle" au Cambodge...

A mon avis, le Cambodge restera souverain sur le temple, mais probablement au détriment des relations avec la Thaïlande, et même de l'ajout de celui-ci au Patrimoine Mondial de l'UNESCO

En résumé, en Thaïlande, les politiciens ne sont pas mieux les uns que les autres. Un peu comme chez nous, sauf qu'ils partent de vraiment plus bas...
Une nouvelle fois, on comprend que le Roi, sa stabilité et son réel dévouement pour le pays soit tant respecté ici.