mercredi 30 avril 2008

Introduction à l'écriture thaï

Les caractères thaï sont très jolis, c'est indéniable. Ils donnent à de vulgaires panneaux publicitaires un air exotique et étrange.
Apprendre à le lier et, pire, à l'écrite, est tout de suite moins exhaltant.

Dire que je me réjouissais d'apprendre que les thaï utilisent un alphabet et non des idéogramme à la chinoise... C'était sans compter sur les règles étranges qui régissent une écriture millénaire... Comme souvent, l'oral a plus évolué que l'écrit, qui garde de fortes traces de l'origine des mots dans leur ortographe (c.f... le français par exemple).
Comme là-dessus il faut trouver un moyen de mettre les "tons" sur le papier, on se retrouve avec pus d'une cinquantaine de signes différents (suivant si on compte les caractères tombés en désuétude, les marques de ton ou de voyelles).

Je ne vais pas essayer de vous apprendre à lire thaï, mais quelques exemples vous éclaireront peut-être sur cette langue si différente.

D'abord, les voyelles: pour chaque son, il y a presque toujours plusieurs lettres. Par exemple, le son "t" peut être écrit avec les lettres suivantes:



Pour savoir lequel, ils faut connaitre l'ortographe du mot. Donc, lire n'est pas si difficile à condition qu'on se souvienne de la multitude de caractères, mais écrire est une autre paire de manche.
Là où la lecture se complique, c'est quand les thai décide de faire compliqué au lieu de faire simple.
Quatre écueils majeurs pour nous, pauvres étrangers.

1 - La similitude apparente de certains caractères:




2 - L'utilisation de polices qui parfois sont très loin de l'original (et ressemble beaucoup trop à nos lettres pour qu'on ne se fasse pas avoir). Voilà la même expression "song wan" (deux jours) avec des polices différentes:












3 - Et comme vous l'aurez remarqué sur l'exemple précédent, il y a bien deux mots, mais pas d'espace. Seul un point marquera la fin de la phrase. Pour le reste, c'est débrouillez-vous à découper les morceaux comme vous pouvez...

4 - Enfin, "last but not least", les voyelles. Globalement, ça parait être fait en dépit du bon sens. Déjà, il y en a une bonne partie qu'on écrit pas, il "suffit" de connaitre les combinaisons de consonnes. Exemple: "s" et "w", on rajoute un "a" au milieu...
Et puis il y a les voyelles qui s'écrivent là où on les prononce pas...
Par exemple:




C'est le prénom "Nuch" (ça me rappelle quelque chose)... Hé bien le "u" est le petit bidule sous la première lettre.

Mieux, "hotel", se dit "roong-rèèm" et s'écrit:




Si on décompose "lettre par lettre"dans l'ordre, on écrit:
oo-r-ng - èè-r-m

Parfois, des sons composés de différents voyelles "entourent" complètement la consonne. Comme pour "rua":




Où le caractère de centre est le "r" et le son "ua" créé à partir de "è" (à gauche), "uu" (en haut) et "o" (à droite).


Bref, je me galère bien comme il faut.
Ceci dit, c'est parfois assez pratique de pouvoir déchiffrer une ou deux choses. Même péniblement.
Lire les panneaux routiers depuis le taxi, c'est pas la peine, a peine la première syllabe lue, on est déjà passés... mais vérifier que le ticket de bus va bien là où on veut ou savoir qu'on ne rentre pas par la sortie, c'est plutôt utile.

jeudi 24 avril 2008

La Thailande, une histoire de visas...

Nombreux sont les "occidentaux" qui cherchent a rester quelques mois en Thaïlande, soit pour profiter un peu plus longtemps du pays, soit carrément pour essayer d'y vivre, au moins un certain temps.

Le plus gros problème qu'ils rencontrent n'est pas la barrière de la langue, ni le coût de la vie (loin s'en faut), mais simplement leur situation vis à vis de l'immigration.

Les lois sur l'immigration changent tout le temps et dépendent de beaucoup de facteurs. Je parlerais ici pour le cas des Français en prenant mon propre exemple. Ca peut servir, et, en plus, il semble que j'ai plutôt bien géré cela jusqu'à présent.

Rentrer sur le territoire Thailandais se fait simplement muni d'un passeport. Le passage à la douane donne le droit à 30 jours dans le pays. Pas mal de gens font alors des "visa-run" vers les pays limitrophes pour obtenir de nouveau le tampon et les 30 jours. Mais la règle indique que l'on ne peut pas faire cela plus de 3 fois (donc rester plus de 90 jours) sur une période de 6 mois.
Ce n'est donc pas la meilleure option si on veut rester plus longtemps.

Il existe le visa touriste. Il s'obtient à toute ambassade de Thailande (donc hors du pays) en général en 2 jours pour environ 40€. A l'entrée dans le pays, il donne droit d'emblée à 60 jours, puis un passage au bureau de l'immigration de Bangkok permet de rallonger de 30 jours moyennant 20€.
Si je ne dis pas de bêtises, on ne peut obtenir un tel visa qu'une fois tous les 6 mois... Donc encore une fois, le compte n'y est pas. Mais si, à l'obtention du visa on ajoute 15€ pour avoir la version "double entrée", on s'en sort.
C'est ce que j'ai fait (un peu sans le savoir d'ailleurs, je pensais que la "double entrée" permettait juste de faire une sortie du pays sans "perdre" le visa). En fait, lors de la deuxième entrée, ce sont de nouveau 60 jours extensibles à 90 qui sont donnés... Et ce tout à fait gratuitement et simplement. Si vous comptez bien: 90+90 jours = 6 mois, le compte y est.

Le visa touriste ne permet pas d'exercer une activité professionnelle en Thaïlande. Mais comme toute loi mal faite, elle est constamment contournée: l'obtention du permis de travail et du visa qui correspond se fait sur place et prend beaucoup de temps.
Pas mal renoncent ou, tout du moins, ont besoin de faire un visa-run au moins une fois avant que toute la paperasse soit terminée. C'est mon cas.

Heureusement, il existe des spécialistes de ce genre de questions. 2 agences ont pignon sur rue à Bangkok. Jack's Golf (http://www.jackgolf.com/en/visa_run) et Thai Visa Run (http://www.thaivisarun.com). Ils connaissent sur le bout des doigts les lois en vigueur, les formulaires à remplir et sont de précieux conseils sur la meilleure solution qui s'offre à vous. Ils organisent des visa-run quotidiens, aux destinations variées suivant le type de visa ou de renouvellement que vous effectuez.
Je ne saurai que conseiller de faire appel à leur service... Au moins pour avoir leur avis, qui est gratuit.

Aujourd'hui, j'ai donc fait un "petit" tour en bus jusqu'au Cambodge. Avec Thai Visa Run. Pour 40€, j'ai eu le droit au package complet: 8 heures de bus (heureusement surprenamment confortable), 3 films pour s'occuper, 30 minutes à la douane en Thailande, 30 minutes à la douane au Cambodge.
Emballez, c'est pesé, parti à 9h30 ce matin, j'étais à la maison à 18h30... Avec un beau tampon tout neuf qui me laisse le temps d'obtenir le permis de travail. Ouf!

Quant à la partie touristique, c'est très limité.

Ici, la frontière coté Thaï:
Oooooooooooh!

Là, du côté du Cambodge:
Aaaaaaah!

Au passage, un nouveau visa dans mon passeport, qui commence à ressembler à un arbre de noël. Visiter le Cambodge nécessite un visa, mais il peut être obtenu à la douane, pour 20$ (en l'occurence compris dans la prestation de mon "spécialiste visa").

Mais je retournerai au Cambodge, promis! Angkor Wat, le temple de la jungle est à portée de main... mais en attendant, c'est un week-end du muguet au Laos qui semble se profiler.

mercredi 23 avril 2008

Le Post de la nuit

"Update" super importante.
Ce soir, il a plu.
Et pas qu'un peu.
Des cordes, des seaux, des hectolitres...
... ça n'a pas duré,
mais a enfin dégonflé cette étuve.

C'est les grenouilles qui sont contentes.
D'ailleurs, elles s'en donnent à coeur joie.
Croa croa cora!



Je pense que la lecture de ce post ridicule me fera doucement glousser demain.
Il est 1h30, j'ai fait 109 au bowling (en progrès, mais je partais de très loin) et j'ai toujours pas compris pourquoi au club ils m'ont amené 5 cocas et pas ma bouteille de Baccardi. Bonne nuit!

Run, Visa! Run!

Avec toutes ces excursions ces dernières semaines, je n'ai pas été très à jour en termes de nouvelles sur le blog.
Voilà donc, pour ceux qui suivent, une petite mise à jour.

De retour de Chiang Mai, Cécile, Julien et Christelle ont fait une petite excursion vers l'ouest et la ville de Kanchanaburi. Fameuse pour la rivière "Kwaï" et le pont qui l'enjambe et pour le "temple des tigres". Un orphelinat pour tigres géré par des moines bouddhistes où il est possible d'aller caresser les félins.
Ensuite, nous sommes repartis Nuch et moi en leur compagnie pour Koh Chang où nous avons passé la nouvelle année (voir le post précédent) dans une ambiance plus calme que les grandes villes. Nous avons surtout pris l'eau à l'occasion de longues baignades à la plage, et même en pleine mer lors d'une sortie "plongée".
Le mois d'Avril est décidément le plus chaud de l'année. Même habitué, j'ai parfois souffert. L'avantage, cependant, c'est que la mer aussi est très chaude. D'ordinaire aux environs de 27-28°C (pas trop mal), elle atteignait 31-32°C. J'entends d'ici les baigneurs bretons s'écrier "Oh, mais c'est TROP chaud!"... on se rassure comme on peut n'est-ce pas?
Les photos sont ici.

Enfin, de retour à Bangkok pour profiter au maximum des joies du Shopping, mes 3 français préférés m'ont finalement laissé samedi matin, à l'aube, avec quelques cernes et un petit sentiment de vide teinté de blues.
Heureusement, pas trop le temps de souffler et dès dimanche matin, à l'aube encore une fois (et je rappelle qu'ici, l'aube, c'est un peu avant 6h du matin), je me suis mis en route pour aller donner un coup de main à mes futurs collègues du BMA qui animent en ce moment les camps de vacances bilingues à Pattaya.
Il faisait encore plus chaud que la dernière fois. Si au moins ça assommait les bêbêtes qui courent partout, on pourrait presque s'en réjouir, mais au contraire: insectes et reptiles semblaient voiir repris du poil de la bête... même si niveau poilx, ils sont pas trop fournis. Visiblement, ils préferent s'équiper avec des pattes, des écailles et des langues fourchues. Bilan: des légions de fourmis rouges, des geckos gros comme mon bras qui roupillent derrière la porte de la douche et un serpent qui vient m'espionner pendant que je suis au téléphone (petit et a priori pas venimeux, certes, mais jamais agréable à trouver sous ses pieds.
Heureusement, les petits campeurs amènent sourires et rafraichissante candeur à toute cette étouffante atmosphère.

Ceci dit, j'ai cette fois-ci un peu écourté le séjour. En effet, demain je prend le bus direction la frontière avec le Cambodge. Mon visa arrive a expiration très bientôt. J'avais prévu d'aller au Laos afin de demander un nouveau visa de 60+30 jours, car c'est à Vientiane qu'est l'ambassade de Thailande la plus proche... Mais j'ai découvert avec joie que l'option "double entrée" que j'avais demandée avec mon visa obtenu à l'ambassade de Thailande a Paris me permet de renouveler 1 fois ce dernier par un simple passage de frontière (et non une demande complête d'un nouveau visa, qui prend 2 jours sur place).
Bref, sur une "petite" journée, je vais aller jusqu'à la frontière, passer au Cambodge et zou, retour dans l'autre sens pour faire tamponner ma deuxième entrée et repartir pour 60 jours extensibles à 90.

Je vous dirai, bien sûr, comment ça s'est passé...

mercredi 16 avril 2008

Bonne Année !!! สวัสดีปีใหม่

La Thailande vient de passer la nouvelle année dans un formidable "splash"…

En effet, à l’instar de la désormais célèbre "nouvelle année Chinoise", la Thailande (et d’autres régions alentours, comme le Cambodge, le Laos, la Birmanie et même certaines parties de la Chine ou de l’Inde) possède son propre passage de nouvelle année, qu’on appelle "Songkran".

Les festivités se déroulent tous les ans du 13 au 15 Avril. A l’origine, la date était calculée par rapport à un calendrier lunaire, mais pour des questions pratiques, la date a été rendue fixe. Bien que cette date marque le passage à la nouvelle année (on se souhaite "Sawatdee pii may", c'est-à-dire "Heureuse Nouvelle Année") le changement effectif de l’année calendaire a été déplacé au premier janvier depuis les années 40, pour des raisons pratiques assez évidentes.
Cependant, on est aujourd’hui le 16 Avril… 2551. Les Thai utilisent simultanément les années "Chrétiennes" (puisque 2008 fait référence à la date de naissance supposée de Jesus Christ) et "Bouddhiques" (l’ère Bouddhique commenceant 543 ans avant l’ère chrétienne).

Revenons à Songkran. La principale attraction de ces célébrations, est la tradition qui consiste à s’arroser mutuellement d’eau. La symbolique est liée à la fin de la saison sèche et aussi à l’idée de purification. Une des autres traditions de cette période consiste d’ailleurs à verser de l’eau parfumée sur les statues représentant bouddha afin de les purifier.
Difficile de rendre compte de l’ambiance qui règne alors dans le pays. D’ordinaire si calmes et polis, les Thai profitent de l’occasion pour se laisser aller. Imaginez une bataille d’eau de 3 jours à l’échelle d’un pays tout entier.
Tout est bon : seaux, bouteilles, tuyaux d’arrosage, pistolets à eau… Ils se sont tous préparés, on rempli de gros bidons qu’ils chargent à l’arrière des pick-up et sillonnent la ville pour arroser tout ce qui bouge… et se faire arroser en retour par d’autres véhicules ou les riverains postés devans commerces et maisons.

Bien que délicieusement délirante, les dérapages semblent rarissimes. On n’oublie pas comme ça 362 jours de politesse. Après vous avoir copieusement arrosés (et éventuellement saupoudré de talc pour faire bonne mesure) c’est avec plaisir qu’on vous aidera à remplir vos propres réserves, et même si l’on continue de vous mouiller, c’est alors en versant l’eau doucement sur l’épaule avec des vœux pour la nouvelle année, et un grand sourire viendra vous remercier d’avoir fait la même chose.

Même si certaines régions font durer les festivités et quelques quartiers sont connus pour leurs débordements (tiens, dans le lot il y a celui des backpackers… quelle surprise) l’ensemble reste étonnamment raisonnable, dans la mesure où les batailles se cantonnent aux rues et évitent soigneusement d’abimer commerces, véhicules et mobilier urbain. Je vois difficilement mes compatriotes observer une telle retenue à si grande échelle.
Ceci dit, méfiance… une fois dans la rue, si vous êtes agés de 5 à 95 ans, vous n’êtes qu’une cible de plus : prévoir sacs étanches et vêtements qui supportent le détrempage, car courir ou supplier n’y feront rien…

Afin de sauvegarder mon appareil photo (qui n’est pas étanche), je l’ai laissé bien au sec dans mon "water bag" de plongée. J’espère que vous ne m’en voudrez pas de ne vous livrer que ce petit cliché volé au zoom.
Sinon, je lance une quête pour un appareil étanche. Ca me servirait drôlement pour la plongée ici.

jeudi 10 avril 2008

Pas de violence, c'est les vacances

Comme vous le savez peut-être, samedi dernier son arrivés à Bangkok Cécile ('tite soeur), Julien et Christelle (des amis de toujours) pour 15 jours de vacances en Thaïlande.
Le planning est serré, il y a beaucoup à voir ici.
Qui dit planning serré, dit nuits courtes (d'autant plus qu'on fait camping dans mon appartement), transports, marche et chaleur.
Chaleur, surtout. Le mois d'Avril est effectivement très chaud et sec (oui oui, je parle pas de l'humidité, je parle de la pluviométrie).

Pour essayer des les aider à se remettre du long voyage et du décalage horaire, nous avions donc prévu avec Nuch de les emmener à Chiang Mai dès les premiers jours.

Chiang Mai se situe tout au Nord de la Thaïlande, au pieds des montagnes qui forment la frontière avec la Birmanie et le Laos. Chiang Mai, c'est la petite capitale de province: si calme et reposante comparée à Bangkok. Elle bénéficie aussi du climat plus doux de cectte région.
Bref, le bon endroit pour acclimater les 3 parisiens à peine sortis de leur hiver grisonnant.

Nous avions choisi un hébergement luxueux (mais au prix plus que raisonnable), un peu a l'éxterieur de la ville. Neuf grandes chambres décorées avec goût entourent un petit ilôt de verdure et de calme. Le service est l'illustration parfaite de la qualité d'accueil Thaï: sourires et petites attentions charmantes.
Difficile dans ces conditions de se sentir l'âme de routards assoifés de visites et de kilomètres.

Seule la journée de lundi, a cassé quelque peu le rythme nonchalant de ces premiers jours au royaume de Siam. Au programme: ballade dans la chaleur de la jungle (très seche en cette saison), chevauchée fantastique d'éléphants, passages de vertigineux ponts suspendus (Christelle a enfin résolu son problème de vertige), visites de villages reculés et descente de rivière en radeau de bambou.
Quelle fatigue!

Comment résister alors à l'appel de la piscine, des plats savoureux et des magnifiques Spa que l'on trouve là bas.
La réponse, tout simplement est: on ne peut pas!

Il semble en tout cas que ces premiers jours les ont requinqués et motivés. J'espère que la suite de leur séjour sera aussi agréable et dépaysant.
Quel plaisir de voir leurs yeux grand ouvert et de les entendre s'étonner de tout ce qu'ils peuvent voir ici.

jeudi 3 avril 2008

"La Plage", ou l’illusion du Backpacker

De retour des îles paradisiaques du Sud de la Thaïlande, j’ai naturellement eu envie de revoir "La Plage". "The Beach", en anglais, a été réalisé par Danny Boyle ("Petits Meurtres entre amis", "Trainspotting"…) , d’après le roman éponyme de Alex Garland. Le même Danny Boyle a d’ailleurs réalisé "28 jours plus tard", d’après le roman du même Alex Garland.

Le film n’est, m’a-t-on dit, qu’un pale reflet du livre, qui décortique en profondeur la psychologie des personnages et leur interaction dans la petite communauté de la Plage.
Cependant, après les quelques temps que j’ai pu passer ici et là en Asie, dans la peau de touriste comme de résident, la vision du film prend une dimension plus intéressante que Leonardo tout bronzé qui drague Virginie Ledoyen en bikini.

Le film fut tourné dans son intégralité en Thaïlande, et, à peu de choses près, sur les lieux même où il est censé se dérouler. Ce sont donc des décors assez familiers désormais, et, hormis un coup de pinceau numérique pour fermer le cirque de montagnes entourant la plage le réalisme est au rendez-vous - en réalité, vous l’avez vu sur les photos, il y a une ouverture sur la mer.
Leo interprète Richard, un jeune Américain parti en Thaïlande pour se faire un trip "backpacker" (genre de routard international) en espérant s’évader des circuits touristiques, et de façon plus générale, s’évader de ce monde.
Très vite, il se rend compte que ces hordes de demi-hippies en sac à dos sont à peu près aussi libres que les bus de touristes en chemisettes hawaïennes qu’ils abhorrent.

De nombreux pays, et en particulier la Thaïlande, drainent des milliers (millions ?) de routards qui cherchent l’évasion.
Mais à fréquenter Kao San Road ou les bungalows pas chers des plages de la mer d’Andaman, on se rend vite compte que leur volonté de vivre le "dénuement" n’en fait pas forcément de meilleurs voyageurs.
Ce n’est pas parce qu’ils acceptent de dormir dans des taudis qu’ils sont plus au contact de la vie locale que d’autres. Ils s’entassent entre eux, ne fréquentent pas les "autochtones", qui les trouvent souvent bizarres, assez peu respectueux finalement et n’approuvent pas particulièrement leur penchant pour la fumette, l’alcool et le "djumbé" à toute heure.

C’est là où je venais en venir. L’illusion du "backpacker" : persuadé que le mal réside dans le confort matériel alors que c’est tout simplement dans la nature même de l’homme. Le film en est une intéressante illustration. Dans la si parfaite communauté paradisiaque de La Plage sévit le désir, la jalousie et, finalement, les mène à l’effondrement.
Même débarrassés de ce qu’ils pensent être les caractéristiques de nos sociétés occidentales, ils ne sont pas plus ouverts à la culture locale que de simples touristes parqués sur des circuits prémâchés. Leur intégrisme de "routard" à tendance bobo les rends grégaires, fermés voire intolérants, au même titre que tout ce qu’ils rejettent.

Bien entendu il y a plein de routards sympas et exempts de cette hypocrisie. Tout comme on en trouve dans les voyages organisés et les hôtels de luxe. La différence se fait au niveau de l’individu, c’est à chacun d’agir en son âme et conscience.

L’ouverture d’esprit ne se juge pas à la longueur des dreadlocks ou à l’épaisseur du portefeuille. Elle réside dans nos actes, dans la façon de regarder les choses sous des angles différents et dans notre capacité à nous affranchir des œillères que nos appartenances "tribales" respectives nous font porter.

Voyagez comme vous voulez en Thaïlande. Il n’y a pas véritablement de bonne ou mauvaise façon. Ce qui est important, c’est d’ouvrir l’esprit au moins aussi grand que les yeux.

Facile à dire...