dimanche 9 mars 2008

Le dimanche à...Chai Nat, c'est le jour de mariage

Deuxième post du jour (si vous avez loupé l'autre, allez voir plus bas d'abord).
Nuch et moi allons donc ce week-end à Chai Nat, province "provinciale" de la plaine du centre de la Thaïlande, pour assister au Mariage de Muk et Jen.
Muk est une collègue de Nuch, et c'est avec d'autres collègues que nous nous retrouvons à l'aube pour prendre le van qui nous emmènera sur les lieux. (A l'aube = 7 heures du matin... pour ceux qui suivent, on s'est couchés pas longtemps avant, je suis donc en mode "ours gentil mais un peu grognon"). Nous faisons alors route vers le nord de Bangkok, et après plus de 200km d'autoroute longeant des rizères hérisées d'occasionels cocotiers, nous arrivons enfin à Chai Nat en fin de matinée.
Comme le laborieux plagiat de titre l'indique, le mariage n'a pourtant pas lieu samedi, mais bien dimanche. "Pourquoi donc s'être levés si tôt si les festivités n'ont lieu que le lendemain?".
Figurez-vous que l'ours ronchon se pose la même question.
Mais il est juste ronchon et de mauvaise foi, ne l'écoutons pas, car rapidement, le petit groupe prend la direction du monastère de Wat Thaa Sung, et son penchant pour le tourisme et la nouveauté reprend enfin le dessus (aidé par un petit café bien serré). Visiter d'important sites bouddhistes en compagnie de Thaïs donne une toute autre dimension à l'évenement.
Comme vous le verrez sur les photos, les sites sont magnifiques. Les temples de Thaïlande sont particulièrement colorés, voire clinquants. Les colonnes, toits et autres ornements sont presques tous recouverts de mosaique de miroirs dorés (et parfois argentés, comme dans le cas de Wat Phanon Jak Siri, lieu de notre deuxième visite).

Nuch s'est efforcé de répondre avec beaucoup de gentillesse à mes nombreuses questions. Mais, comme la plupart des Thaï, elle ne pratique qu'à "l'occasion", et il lui est difficile de me résumer en si peu de temps la teneur du Bouddhisme, tant cette religion est complexe car résultant d'un patchwork de mythologie Hindou, de philosophie de Bouddha et de traditions locales de tous les coins de l'asie.
Les images, métaphores et références à d'anciens mythes se comptent par milliers dans les temples, et il faut souvent difficile à Nuch de m'expliquer le fond. La forme étant en général que tel ou tel rituel vous portera bonheur, protection ou chance.
Ainsi, nous avons brûlé de l'encens, fait sonner des cloches ou encore déposé des feuilles d'or sur une statue.
J'ai envie d'en apprendre plus sur cette culture. J'irai faire un tour à la librairie pour voir si je peux trouver un ouvrage de "vulgarisation" qui m'aiderait. Ce que j'ai retenu, c'est que le Bouddhisme est globalement une religion ouverte. Certains la qualifieront de "fourre-tout", mais la culture de l'ouverture d'esprit et de la tolérance qu'elle apporte se ressent fortement en Thaïlande, et en fait l'un des attraits principaux de ce pays.
Peu importe que je sois catholique ou agnostique... J'ai autant le droit qu'un autre d'entrer dans un temple et sonner une cloche ou montrer mon respect à un moine en le saluant les mains jointes, et ce ne sont que de petites bonnes actions supplémentaire à mon crédit: un pas de plus vers une vie meilleure.

Nous terminons la visite par le temple de Wat Phii Kun Thong (Wat veux dire "temple" ou "monastère", c'est en faite la même chose ici), puis nous retrouvons les futurs mariés chez leurs parents où on nous offre un dîner et un peu de détente. Connaissant le programme du lendemain, nous allons nous coucher tôt, très tôt.


En effet, le lendemain, la cérémonie commence à 7h09 (neuf porte bonheur), du matin... je précise. Nous avons prévu d'aider un peu aux préparatifs, donc réveil réglé à 5h.
De nouveau, "ours grognon" s'interroge...
C'est encore une fois le bon sens qui vient à la rescousse. Les maisons hors des villes sont particulièrement aérées. En fait, toutes les parties communes (salon, cuisine,...) sont complêtement ouvertes sur l'extérieur. Un toit mais pas de murs. Seuls chambres et salles de bain sont fermées et (parfois) climatisées.
Et c'est tôt le matin, vers 6h, que la température est la plus clémente... et les mariages se font intégralement à la maison. Pas de passage à la mairie ou au temple.
"Bon sang mais c'est bien sûr!"

Le mariage en lui-même est effectué en présence des deux couples de parents (et de toutes les grand mères). Il est matérialisé par l'échange de bijoux en or, dont une alliance. Muk et Jen portent les habits traditionnels du mariage Thaï, que je trouve particulièrement élégants.


Ensuite, 9 moines (encore neuf) rejoignent les mariés afin de prier avec eux et de bénir l'union. Ils seront remerciés par un bon repas, d'abord servi symboliquement par les mariés, puis par les convives qui le désirent (c'est encore une bonne action "bonus"). Puis, liés par une cordelette nouée entre leurs deux couronnes de fleurs, les mariés reçoivent les voeux des invités, qui leur souhaitent tout le bonheur possible en leur versant un peu d'eau sur leurs main jointes.

De façon assez surprenante, les mariés s'éclipsent alors pour enfiler des tenues de mariage "occidentales". Je pense que c'est le fait de l'occidentalisation des grandes villes d'asie où beaucoup se marient en costume trois pièce et robe blanche. Les traditions qui suivent sont heureusement bien locales: les proches du mariés forment une procession chantante et dansante qui amène le marié autour du quartier puis vers la maison où l'attend sa femme. Là, des proches de la mariée forment une sucession de "barrières" avec leurs colliers et autres bijouteries en or (très portés ici, notamment pour les grandes occasions). Ils appellent ça "les portes d'or". Le marié et ses parents rentrent alors en discussion avec chacun des "gardiens" qui négocient leur passage contre argent sonnat et trébuchant (hé oui). La chose se fait sur le ton de la plaisanterie et les sommes sont symboliques. Seule la tante a réussi à négocier 1000 bahts, mais elle leur offrait la voiture.

Enfin le marié peut retrouver sa belle, et s'éclipser dicrètement avec elle pour se reposer le temps que les invités festoient. Il est alors 10h du matin, et mon estomac sait plus où il est. Enfin, les mariés nous rejoignent et offrent à chacun un petit souvenir (une petite boite à bijoux dans ce cas) et profitent un peu de la présence de tout ce monde.

C'est maintenant le moment de rentrer en ville, pour ma part la tête pleine de souvenirs dorés et chatoyants.

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