dimanche 28 décembre 2008

Noël sous les Tropiques


J'attendais avec beaucoup de curiosité de passer Noël au pays des plages de sable blanc et des cocotiers...


Le bilan, je vous le donne dès maintenant, est qu'il est très difficile de sentir "l'esprit de Noël" ici. C'est assez logique d'ailleurs. Le nombre de Thaï catholiques se compte sur les doigts d'une main - même si on les voit parfois aux grands carrefours, avec panneaux et mégaphones déclamant "Jesus est mort pour nous sauver" - ce qui rend la fête assez anecdotique et artificielle. Un peu comme Haloween chez nous.

Il y a bien quelques décorations, autour des grands magasins et hotels du centre de Bangkok... Mais c'est bien limité.

Il y a pourtant beaucoup de badauds qui viennent là pour voir les illuminations et, bien sûr car on est en asie, se faire prendre en photo devant.
Le 24, je suis allé faire des courses de dernières minutes (parce que, pour moi, c'était réellement Noël, avec Sapin, cadeaux et dîner à préparer)... c'était, dans les magasins, un jour comme les autres.
Plusieurs m'ont demandé si ma famille ne me manquait pas trop à l'occasion de ces fêtes. Hé bien pas plus qu'un autre jour, car ici, ce n'est pas vraiment un jour spécial.
En fait, c'est le Nouvel An qui sera l'occasion de véritables festivités. A l'occasion, les Thaï échangeront des cadeaux, iront faire oeuvres de charité et termineront en se saoulant fortement. Les autorités prévoient cette année un énorme contingent d'ambulances, en prévision des accidents causés par l'alcool (m'est avis qu'un peu de prévention ne ferait pas de mal, mais bon...).


Un des endroits les plus courus de Bangkok pour le réveillon de la Nouvelle Année est l'esplanade du "Central World". Chaque année, de Novembre à Janvier, à l'occasion des mois les plus secs et les moins chauds de l'année, les grandes marques de bières installent d'énormes brasseries de plein air, rivalisant par leur décors gigantesques et à coup de décibels depuis leurs scène des spectacle.
Forcément, c'est l'endroit idéal pour attendre les 12 coups de minuit, en dégustant une bière bien fraîche.
C'est probablement ce que je ferai.

Joyeux Noël et Bonne Année à tous mes fidèles lecteurs!!!

dimanche 14 décembre 2008

On ne peut pas être bon partout

Peu d'entre vous l'ignorent encore, la Thaïlande propose une cuisine savoureuse et raffinée... là où le bât blesse, cependant, c'est lorsqu'on parle de dessert.

Alors là, il n'y a plus personne. Oublié l'équilibre des parfums du basilic thaï et de la menthe, le croustillant des beignets et le fondant du Pad Thaï.

Un dessert, ici, ça ressemble à ça:

Oui: Diantre!!!
Alors les deux questions qu'on se pose lorsqu'on voit cela sont:
  • Qu'est-ce que cette chose???
  • Comment peuvent-ils commettre un tel désastre.
La réponse à la première question n'apporte que peu de réconfort. Ce dessert, que la plupart des Thaï accueillent avec une petite exclamation de joie (si si) est pour l'essentiel constitué de glace pilée, arrosée d'un sirop rose fluo, appelé "Sala" et qui n'a rien à voir avec la Grenadine, mais se rapproche plutôt de la Josacine de nos tendres années.
Là dessus, pour faire bonne mesure, ils ont rajouté des haricots rouges ayant été cuits dans du lait de coco sucré.
Le résultat, un dessert ultra sucré, au goût chimique, aux textures évoquant la neige pas fraiche et ... heu... bref. Pas génial.

Ce qui est plus intéressant, c'est d'essayer de savoir pourquoi de si bon cuisiniers peuvent se rater autant pour les desserts... et même pourquoi les bons desserts sont si rares à l'échelle de l'Asie (car ce n'est pas un cas isolé...).
J'ai d'abord fait un tour sur internet pour retrouver les origines de "notre" pâtisserie, celle avec les crèmes, les mousses, les biscuits et autres saveurs qui (vous l'aurez compris) me manquent un peu.
La patisserie telle que nous al connaissons est assez récente. Les sucreries de l'antiquité et du moyen-âge étaient assez rudimentaires. C'est en fait le développement du commerce et des colonies qui a ouvert un énorme chantier de possibilités culinaires.
Alors que l'on trouve dans l'Europe du 17ème un temps clément, permettant la culture du blé et le travail des produits laitiers en crèmes et beurre sans trop de risques sanitaires , le développement du commerce avec les Indes et les Amériques ajoute de nombreux ingrédients formidables à la panoplie: épices, café, chocolat, sucre de canne, vanille... Des ingrédients disséminés à travers le monde et concentrés en un seul point.
Autant la situation est propice à la création de la pâtisserie en Europe, autant cela reste, à l'époque, trop compliqué dans des climats tropicaux et exotiques.

Les avancées technologiques permettant de pratiquer cet art n'importe où arriveront trop tard. La cuisine asiatique s'est centrée sur les plats chauds et le salé. Laissant le sucré aux formidables fruits frais que l'on y trouve en abondance.
Ce qui semble appuyer un peu plus ma théorie, est le fait que les cuisines asiatiques proposant les desserts les plus fins sont celles du Japon, de la Corée et du nord de la Chine. Des régions aux climats bien plus tempérés...

Le malheur supplémentaire pour la Thaïlande, c'est que l'arrivée de moyens de réfrigération a été accompagnée des troupes Américaines venues utiliser le pays comme base arrière de lutte contre le communisme. Ainsi, le gâteau d'anniversaire ici aura toutes les chances d'être à l'américaine... Thématique, coloré, mais aussi insipide et affreusement sucré.

Heureusement...


Il y a des milliers de fruits délicieux.

Il y en a encore plein dont je ne vous ai pas encore parlé. Come la Grenade, par exemple. Qui a la délicieuse odeur de notre sirop de grenadine (qui, chez nous, a été recréé par un habile mélange de nos fruits rouges) et la petite acidité de la groseille.
Miam!


Mais surtout.
Il existe un dessert que je ne saurais trop conseiller aux voyageurs. Typiquement thaï, et dont l'existence à elle seule excuse toute autre hérésie sucrée... la mangue au riz collant.
Bon, le nom est pas génial, c'est seulement la traduction (et de toute façon, ici, le nom d'un plat, c'est sa description).
C'est le parfait équilibre entre le fondant de la mangue, la fermeté du riz et le craquant des petites noix, c'est un jeu de contraste en la tiédeur légèrment salée de la sauce au lait de coco et la fraîcheur sucrée du fruit.
En fait, un délice dont on ne se lasse pas... et que l'on trouve à presque tous les coins de rues pour un prix dérisoire. 


mercredi 10 décembre 2008

Rien que pour moi...

Allez voir ici:

La classe non?


... cherchez pas, je suis super pote avec Minnie.

mardi 2 décembre 2008

Tout ça pour ça...

Cet après-midi, la Cour Constitutionnelle a rendu son verdict concernant l'enquête pour fraude électorale menée à l'encontre de la coalition actuellement au pouvoir.

Comme prévu, elle a reconnu les faits comme avérés et par conséquent a dissou les 3 partis concernés et, de ce fait, destitué la plupart des membres du gouvernement, dont le premier ministre.
C'est ce que réclame le PAD depuis des mois.

Résumons les faits:
Quelques mois auparavant, le PAD occupe Governement House afin de réclamer la démission du premier ministre Samak. Celui tient bon mais est éjecté par une décision de justice parce qu'il a eu une activité rémunérée en même temps que son mandat de premier ministre.

Le remplaçant, Somchai, n'est pas de leur goût non plus. Il faut dire qu'en tant que beau-frêre de Thaksin, il a du mal à faire croire qu'il n'a aucun lien avec l'ex dirigeant abhorré par le PAD. La continuation de l'occuppation de Government House n'amène rien d'autre que des violences épisodiques à l'encontre des protestataires.
Ceux-ci finissent par aller occuper les 2 aéroports de Bangkok.

Encore une fois, la situation reste bloquée. Tous les acteurs semblent d'une incompétence rare (ou alors d'un machiavélisme très difficile à percer)... et encore une fois, la réponse vient de la justice qui, ayant suivi son cours, finit par obtenir ce que le PAD n'a pas réussi à provoquer, malgré 300 000 touristes bloqués et une catastrophe économique annoncée.

Le PAD aura beau crier victoire, ils se sont, à mon avis, tiré une balle dans le pied. Ils n'y sont pour rien dans cette destitution. Au pire ont-ils forcé la justice à accélérer le rythme, mais cette dissolution était prévue de longue date, les preuves étant accablantes.

Le résultat, c'est qu'il va falloir plus de 10 jours pour que l'aéroport redémarre complêtement. Celui-ci doit être complêtement nettoyé, vérifié et repasser les inspections internationales.

Le PAD ne fait pas confiance aux "paysans sans éducation" des campagnes lorsqu'il s'agit de voter. Là où certains auraient pris leur mal en patience, tentant de démontrer le danger des populistes, ils ont préféré tenter de provoquer un énième coup d'état, qui leur aurait permis de prendre le pouvoir sufisamment longtemps pour appliquer leur "nouvelle politique" et modifier la Constitution. Celle-ci, en gros, revient à attribuer une certaine partie des postes les plus importants à une élite désignée, et non élue.
Il n'ont, pour l'instant, pas atteint cet objectif inavoué.
Leur popularité n'est pas au plus haut, je doute de voir leur score s'améliorer au cours des prochains scrutins...
Que vont-ils faire alors?

Les Thaï sont pris entre 2 solutions pas plus reluisantes l'une que l'autre... Je ne suis pas très optimiste.

lundi 1 décembre 2008

Un signe céleste...

Ce soir, tout Bangkok a les yeux tournés vers le ciel.

Depuis quelques jours, le ciel est très dégagé sur Bangkok... et aujourd'hui, laLune, Venus et Jupiter se sont mis d'accord pour tenter de nous faire sourire.

cliquez pour agrandir

Les plus observateurs auront remarqué que le croissant de lune est bien plus incliné que chez nous... C'est dû à la différence de latitude (nous sommes très près de l'équateur, le soleil éclaire donc presque perpendiculairement au sol).

Pour changer... une salade

J'en ai marre de vous parler de manifs, de touristes bloqués et de catastrophe économique.
Alors aujourd'hui, pour changer, une petite recette d'un de mes plats thaï préférés: le "Laab Moo" (ลาบหมู).
C'est une recette de salade originaire du nord-est de la Thaïlande, que l'on retrouve d'ailleurs au Laos.

Les bases du plat sont: la menthe, les échalottes, le riz grillé et une sauce épicée au citron et à la sauce poisson.
"Moo" signifie "porc", mais il existe des versions au poulet, boeuf etc... De même, il peut y avoir des variations sur les légumes.

Mais trève de bavardages, passons à la recette brute, je reprendrai les commentaires après.

Laab Moo - pour 2 personnes:

cliquer pour agrandir
200g de porc haché (n°8 sur la photo)
1/2 bouillon cube
3 petites échalottes (n°4)
3 c.à.s de sauce poisson (n°9)
3 c.à.s de jus de citron vert (n°2)
2 c.à.s de riz grillé (n°5)
1 c.à.s de sucre roux (n°7)
1 c.à.c de poudre de piment (n°6)
3 brins de menthe (n°3)
3 pousses de "pak chi farang" (n°1, voir commentaires à la fin de la recette)

Faire bouillir de l'eau avec le bouillon cube dans une sauteuse, y cuire le porc haché.
Réserver le porc et le laisser refroidir (un tour au freezer est une bonne solution).

Hacher le "pak chi" et les échalottes, mélanger avec les feuilles de menthe entières et tous les autres ingrédients dans un saladier. Remuer le tout assez vivement pour que les arômes se mélangent.

Ajouter le porc et mélanger encore un peu.

Servir avec du riz.



Hé voilà... Simplissime non?

Les ingrédients sont vraiment facile à trouver hormis:
  • le riz grillé: Là, il va falloir le faire vous même. Il suffit de faire griller du riz sec dans une poele (sans huile ni rien), jusqu'à ce qu'il brunisse un peu. Ensuite, passer au mixeur pour obtenir une poudre assez fine (qui ressemble un peu à du poivre moulu). C'est essentiel dans la recette, car ça apporte un croustillant très agréable.
  • le pak chi farang: à part en allant dans un supermaché asiatique avec la photo, c'est dur à trouver. Comme c'est la partie variable de la recette, même ici. Vous pouvez, par exemple, compenser en utilisant un peu de roquette et quelques feuilles de basilic (ça apportera un peu de parfum agréable). D'autres mettent un peu de citronnelle.
En théorie, la recette est bien plus épicée, libre à vous d'ajuster la quantité de piment.

Ce que je trouve le plus intéressant avec cette recette, c'est qu'elle offre une base vraiment agréable pour plein de sortes de salades. J'imagine, par exemple, remplacer la viande par des tomates. Ca doit être délicieux aussi.

J'attends les remarques de ceux qui auront essayé.

dimanche 30 novembre 2008

L'embarras

Je suis malheureusement contraint à continuer de traiter le désordre politique qui est en cours ici. J'aurais préféré évoquer des sujets plus culturels, mais je vais les garder pour plus tard, en espérant que tout ça se résorbe bien vite...


Le quotidien Bangkok Post vient de publier les résultats d'un sondage qui confime ce que je vous avais décrit en ce qui concerne le sentiment des Thaïlandais vis à vis de la crise.

D'après ce sondage, 76,5% des Thaï ont honte de l'image donnée de leur pays par les évènements actuellement en cours.

65,1% se sentiront moins fiers de leur pays si cela tourne à l'affrontement violent (visiblement, les quelques morts qu'il y a déjà eu ne comptent pas trop...)
92,3% pensent que la solution sera apportée par les intitutions judiciaires.

Mais encore plus révélateur: 58,4% ne veulent pas prendre parti pour l'un ou l'autre camp...
C'est la preuve que ces troubles sont le fait de minorités gesticulantes et pas l'expression d'un vaste mouvement populaire.


jeudi 27 novembre 2008

Intervention en cours?

L'information ne vaut pas grand chose, vu la propension locale à la rumeur.


Toujours est-il que mon école, située à 50m des barricades installées par le PAD autour de Government House a été évacuée aux environs de 15:00. La rumeur est que l'armée est sur le point d'intervenir.

Pour le moment, je n'ai eu aucune autre information qui pourrait confirmer cela. Le fait est qu'une bonne partie des enfants de l'école ont un parent militaire, une importante base étant installée à proximité. Ce sont eux qui auraient transmis l'information.

Ca vaut pas grand chose.
Mais au cas où j'ai eu la primeur...

Dans tous les cas, je fais une croix sur mon week-end au Vietnam, intervention ou pas, je ne vois pas comment les choses peuvent revenir à la normale d'ici à demain midi.

Pour le reste, tout parait normal à Bangkok, que je viens de traverser pour rentrer à la maison.

Le Monde fait de bons résumés de la situation:


Mises à jour:

Jeudi 17:45 : Toujours rien. Hormis une frénésie de rumeurs, qui semble même étonner les journaux locaux. On parle "d'ultimatum secret" de l'armée pour ce soir minuit. On parle de manifestants pro-gouvernement qui tentent de se rassembler pour contre attaquer.
Rumeurs rumeurs...

Jeudi 20:45 : Bah, heu... rien. Les rumeurs continuent de courir. Quand tout le monde est au courant d'un truc avant qu'il se passe, j'ai plutôt tendance à ne pas y croire. Les dernières nouvelles tangibles sont que le gouvernement, réuni à Chiang Mai (démontrant courage impressionnant) a décrété les 3 zones de manifestations (autour des 2 aéroports et de Government House) comme étant en "Etat d'Urgence". Préparant le terrain pour une intervention policière. Les manifestants se préparent à l'affrontement. Ca risque de pas très bien se passer. Dans un élan d'optimisme, ils ont fait passer le mot de préparer des vêtements de rechange (donc pas jaune, la couleur choisie pour leur mouvement) pour se fondre dans la masse.

Vendredi 8:30 : Rien ne s'est passé cette nuit. La tension monte, les rumeurs continuent de courir mais les deux camps restent sur leur positions. Une tribune intéressante ce matin dans "The Bangkok Post" qui met en parallèle la gravité des actes du PAD et l'ineptie du gouvernement. Car même si les méthodes du PAD sont condamnables et mettent le pays dans une position intenable, l'egocentrisme du premier ministre (accroché à son poste qu'il pourrait céder à un collègue moins controversé) ne fait que rajouter de l'huile sur le feu.
Par précaution, beaucoup de bureaux ont donné congé à leurs employés aujourd'hui. Week-end prolongé!!! Youpi!! 

Vendredi 15:00 : Tout cela ressemble à une partie de poker jouée par deux mauvais amateurs. Le PAD qui mise tout sur pas grand chose, et le premier ministre qui mise petit joueur (lors de sa dernière conférence de presse, hier soir, il a parlé de son voyage au Pérou, du nouveau projet de nettoyage des rues mais pas de ce qu'il va faire pour régler le problème). Pendant ce temps des dizaines de milliers de personnes restent bloquées.
Pour la peine, je vais aller faire du shopping.
Faut bien s'occupper.

Samedi, Minuit passé: Toujours rien, hormis des déclarations risibles. Je vais dormir. Demain, on va à une "kermesse" de bienfaisance, j'espère pouvoir en profiter pour parler de sujets plus légers.

mercredi 26 novembre 2008

J'ai l'espoir...

Aujourd'hui encore, les manifestants du PAD ont continué à se désolidariser du soutien populaire pour arriver à leur fins... en bon manifestants de base obnubilés par leurs problèmes, ils ont décidé de faire ch... le plus de monde possible, et pour cela bloquent l'aéroport international de Bangkok.


Inutile de vous dire que pour une destination touristique comme la Thaïlande, c'est une catastrophe. Plus grand monde ne suit désormais les anti-gouvernement dans leurs errements.
Reste que le mal est fait, et le côté rudimentaire de leur stratégie n'a d'égal que leur caractère borné.

Ma présence au mariage de Darryl ce samedi à Saïgon devient très aléatoire.
Néanmoins, il me reste une pensée qui permet de prendre cela avec plus de philosophie.

J'ai l'espoir que, parmi les dizaines de milliers de touristes ainsi bloqués, il y ait quelques agents SNCF accros à la grève paralysante.

Quels qu'en soient les motifs, une prise d'otage est une prise d'otage, c'est à dire un acte d'un égocentrisme méprisable.

P.S.: D'un point de vue un peu plus "pratique", d'après les analystes locaux, la situation n'est pas appelée à durer. Des "mesures" seront prises dans les heures qui viennent. Si vous êtes sur le point de partir en Thaïlande, vérifiez bien auprès de la compagnie. Les choses évolueront d'heure en heure. On peut espérer que tout redevienne à peu près normal d'ici à ce week-end.
Quant au fait de voyager en Thaïlande, pour le moment, je continue de considerer qu'il n'existe pas de risque particulier, à partir du moment où on évite les zones de manifestation (qui restent extrèmement localisées). En fait, hormis si l'on suit les nouvelles ou l'on essaye de prendre l'avion, il est impossible de suspecter qu'il se passe quelque chose de spécial ici. La vie de tous les jours continue (c.à.d. les bouchons, le shopping, les soirées, les week-end à la plage, etc...)

lundi 24 novembre 2008

Le Grand Soir n'aura pas lieu

La journée est terminée... et rien n'a vraiment changé.

Le scénario que j'avais pressenti ce matin (voir post précédent) s'est effectivement déroulé. Le bilan:
  • 18000 manifestants
  • Quelques rues bloquées
  • La session du Parlement reportée

Les déclarations testostéronisées des derniers jours sont retombées comme des soufflets. Les policiers ont tout fait pour éviter la violence, et s'en sont admirablement bien sortis. Le PAD a beau crier victoire, celle-ci est petite car retarder une session parlementaire est un peu loin de l'objectif de soulèvement populaire annoncé.
De son côté, le parti au pouoir, qui s'arqueboute sur son élection "démocratique" est tout aussi ridicule quant on sait que sa dissolution sera probablement annoncée dans les semaines à venir pour cause "d'achat de votes". Une pratique très courante des alliés de Thaksin, qui s'en tirent souvent bien... reformant un nouveau parti à chaque dissolution.

Donc, rien de nouveau sous le doux soleil de Novembre.
Car s'il est une bonne nouvelle, c'est bien l'arrivée de la saison sèche. La moiteur se réduit, les orages sont rarissimes et les matins presque frais (tout est relatif, certes, mais c'est agréable).

photo AFP

Les Dernières Cartes

Aujourd'hui, les manifestantsde l'opposition, le PAD, jettent leurs dernières cartes dans la bataille.

Au cours des dernières semaines, la tension n'a cessé de monter entre les manifestants pro et anti-gouvernement. Pourtant, la situation, elle, n'a pas évolué. Gouvernment House est toujours occupé, et le premier ministre toujours en place.

Mais le campement a été le théatre d'attaques noctures de plus en plus fréquentes. Des bombes artisanales ou des grenades ont, à plusieurs reprises, été lancées dans le camp en pleine nuit. Blessant souvent, tuant parfois... sans que les auteurs ne soient clairement identifiés. Ce qui alimente toutes les rumeurs et fait grimper la tension entre les deux camps.

Aujourd'hui, le PAD a décidé de lancer ses dernières cartes dans la bataille et tente, par une marche vers le parlement, d'initier un mouvement populaire dont l'ampleur forcera le gouvernement à se retirer.
Les prochaines heures nous diront ce qu'il en est... Mais je ne suis pas très otimiste quant à la réussite de leur plan. Hormis des affrontements avec les contre manifestants, des blocages et autres désagréments, je crois que les Thaïlandais vont, dans leur majorité, rester neutre comme ils le sont depuis... toujours.

C'est d'ailleurs le problème principal. La majorité des Thaï n'approuve aucunement l'utilisation de la violence et de la force, et n'a vraiment pas l'envie d'en découdre... laissant les plus excités des deux camps régler leurs affaires. Ce fatalisme les a mené à cette situation, et les y laissera tant que les "raisonnables", qui représentent la vraie essence de ce pays, resteront silencieux et observateurs résignés.

mardi 18 novembre 2008

La vie en noir et blanc


Ce week-end, la Thaïlande, et plus particulièrement Bangkok, ont vécu un évènement rare, qui a focalisé l'attention de toute la Nation.

Cet évènement, ce sont les funérailles royales de la Princesse Galayani Vadhana, soeur du Roi Bumibhol. Ceux qui me suivent sur ce blog seront surpris de me voir parler de ces funérailles alors que je n'ai pas mentionné le décès... C'est que celui-ci est survenu le 8 janvier dernier, au cours de sa 84ème année. Oui, il n'y a pas de faute de frappe. Il s'est déroulé presqu'un an avant que la cérémonie ait lieu.
C'est, ici, une marque de respect pour le défunt.

Les funérailles royales sont un évènement rare en Thaïlande, seules 4 ont eu lieu sur les 60 dernières années. La ferveur populaire qui a accompagné l'évènement est frappante... voire un peu choquante pour un français élevé dans la satisfaction de vivre dans un pays s'étant débarrassé de ses têtes couronnées à coup de guillottine.


Je vous passerai les détails de la cérémonie, que je n'ai suivie que par intermittence (un vrai marathon télévisuel diffusé d'office sur toutes le chaines nationales pendant 3 jours). Ce fut un enchainement de processions en costumes d'apparat somptueux, de défilés en palanquins scintillants et de prières et rituels bouddhistes très obscurs pour le profane.

A première vue, tout cela est démesuré et en complêt décalage. La Thaïlande, même si elle connait un développement important, n'est pas un pays riche... alors dépenser 7 millions d'Euros pour la seule crémation, ce n'est pas rien. Sans compter le battage médiatique précédent l'évènement, proche du lavage de cerveau avec ses documentaires mélo sur la vie de la princesse, et la longueur de la cérémonie (3 jours entiers).


Cette princesse est particulièrement aimée en Thaïlande. Encore une fois, ça peut paraître un peu exagéré. Elle a effectivement poursuivi beaucoup d'oeuvres caritatives initiées par sa mère, et énormément contribué à la promotion de la culture, notamment la musique et la culture française (oui oui)... Bref, une personne bien, mais comme il y en a beaucoup (et heureusement) dans notre monde. En fait c'est probablement le contraste de sa gentillesse et de son dévouement avec les frasque de nombre de ses proches qui la rend si populaire. Hormis le Roi, sa fille et, donc, sa soeur la Princesse, les autres membres de la famille royale sont plutôt connus pour leurs bêtises.

C'est donc en mettant ainsi en perspective que j'ai réussi à digérer l'ampleur d'un évènement qui a priori me paraissait presqu'indécent. Les funérailles royales sont l'un des seuls évènements d'ampleur nationale capables de rassembler le pays autour d'une même idée. Leur caractère exceptionnel exacerbe l'implication des Thaï dans l'évènement. Rappelez-vous le bicentenaire de la Révolution, ou plus récemment la Coupe du Monde 98. Finalement, est-ce plus bête de se rassembler et de faire tant de foin pour les funérailles d'une Princesse que pour une bande de types ayant tapé mieux que les autres dans un ballon?


La couleur du deuil est le noir. Il fut demandé aux Thaï de porter du noir ou du blanc au cours de ces trois jours. Là où on atteint justement la limite de ma capacité à m'ouvrir à l'autre culture, est par la pression sociale qui a été mise sur ce genre de marques de respect "périphériques".
D'abord parce qu'elles ne sont pas demandées par la familles royales, mais plutôt imposées par tous ceux qui souhaitent être bien vus, allant jusque dans la surenchère.
Ainsi, il fut décidé que, dans mon école, le port des couleurs du deuil serait effectué en plus durant 2 semaines avant les funérailles... Et ce pour tous. Y compris moi qui, sans vouloir manquer de respect, ne porte pas une attention particulière à la Princesse.
Il a aussi été décidé de fermer les bars restaurants etc... Durant la cérémonie: pas le droit d'être indifférent.

Bref, au lieu de m'intéresser à un évènement en attirant mon attention par la ferveur et la grandeur de l'évènement, on a tenté de m'y contraindre.
C'est d'autant plus déplorable que ces mesures n'étaient pas nécessaires. Les Thaï aiment leur Princesse.
Mais il y a ici cette culture de "l'ancien" qui décide de ce qu'il faut faire, et que l'on se doit de suivre. Vous me connaissez, l'immobilisme, j'adoooore...

samedi 15 novembre 2008

Des Questions?

Il y a de plus en plus de gens qui rendent visite à ce blog (même si j'ai un temps, un peu levé le pied, je m'en excuse). Cela me fait très plaisir.

D'autant plus que certains laissent des commentaires très encourageants, et n'hésitent pas à apporter leur connaissances à mes propos. C'est le but. Je suis loin d'avoir la science infuse, et je suis content qu'ils soient la pour m'accompagner au fur et à mesure de ma découverte de ce pays.

Pourtant, certains auront peut-être déposé un message que je n'ai pas publié sur le site. J'ai été obligé de procéder à cette "censure" parce que les auteurs avaient laissé leur email dans le message afin que je les recontacte.
Sur ce site de blog, je ne peux pas éditer les commentaires, et je n'ai pu retirer leur email... Ceci est un conseil à tous: ne laissez jamais votre email ainsi dans un forum ou dans les commentaires d'un blog. Il est visible de tous, et des "robots" passent en revue les sites du monde entier à la recherche de telles adresses pour les collecter dans des listes qu'ils revendront ensuite à des spammeurs et autres indésirables.

Ceci dit, cela a mis en évidence le fait que je n'ai rien laissé ui permette de facilement me contacter de façon privé...
L'erreur est réparée, j'ai créé une adresse spéciale: blogjy@abroad2002.com
Si vous avez des commentaires, des questions ou des remarques que vous désirez garder "privées", envoyez-les moi à cette addresse.

Attention cependant, je m'efforcerait de répondre à tous, à condition que vous m'y aidiez un peu. Par pitié, évitez les questions trop vagues, donnez le maximum de détails afin que je puisse vous dire si oui ou non je peux vous aider.
Un tel mail (j'en ai déjà reçu quelques similaires):

"Je cherche à m'installer en Thaïlande.
Que me conseillez-vous?
Merci.
xxxx"

N'amènera de m'a part qu'une réponse:
"Ca dépend.
Salutations.
JY"

jeudi 13 novembre 2008

Flotte, petit Kratong

Hier était jour de pleine lune. Pour être plus précis, jour de la 12ème pleine lune du calendrier lunaire Thaï traditionnel.

Cette journée est l'occasion d'une des fêtes les plus célébrées (mais pas fériée) en thaïlande: Loy Kratong.


Loy signifie "flotter". Kratong est le nom d'un petit radeau, fait traditionnellement d'une tranche de tronc de bananier, sur laquelle sont piquées des feuilles et des fleurs de façon à évoquer la fleur de lotus. On y ajoute aussi 3 batons d'encens et une bougie.
Ce Kratong sera déposé dans la rivière à l'occasion de cette journée, accompagné d'une petite prière et d'un voeu. La tradition veut que, si la bougie est toujours allumée alors que le Kratong a disparu au loin, alors le voeu se réalisera.
Les thaï ajoutent parfois quelques cheveux au Kratong, pour que celui-ci emporte le mal au loin, ou bien une petite pièce, pour forcer a chance... et faire le bonheur des enfants qui iront à la pêche au Kratong une fois la fête finie.


L'origine de cette tradition remonte à un rite Hindou, durant lequel le Gange est remercié par des lanternes d'avoir dispensé la vie tout au long de l'année. Elle s'est ensuite développée en Thaïlande au cours du 13ème siècle. Devenant l'occasion de vénérer Bouddha et de remercier la déesse des eaux Phra Mae Khongkha. L'histoire dit aussi qu'une jeune fille nommée Naang Noppamart avait, à cette occasion, créé les premiers Kratongs en bananier sous la forme que l'on connaît aujourd'hui. ceux-ci étaient tellement beaux que le Roi déclara que ce serait ainsi que l'on rendrait désormais hommage, et fit de Naang sa favorite.
Chaque année, un concours de beauté est organisé, et la gagnante remporte le titre de "Reine Noppamart".


L'agitation qui précède la soirée du Loy Kratong est vraiment visible. Les gens s'informent de vos plans, et dans les rues on voit apparaître les premiers vendeurs de Kratong. C'est un peu comme le muguet du premier mai. Au plus fort de la fête, il y en a partout. Depuis les venderus professionnels, aux Kratong calibrés, aux véritables artistes de la chose, en passant par les étudiants qui tentent de récolter des fonds pour une sortie scolaire.
Certaines réalisations sont de véritables splendeurs. Faites uniquements de feuilles pliées et de fleurs piquées, on en aurait presque mal au coeur de devoir l'abandonner au fleuve.


Les abords de la Chao Praya sont pris d'assaut. Il faut dire que la ville n'est pas vraiment organisée autour de la rivière. Il n'y a pas vraiment de promenade le long des berges, mais plutôt des rues qui y finissent en cul de sac. Le meilleur moyen est alors de rejoindre un des endroits un peu plus "ouverts" par bateau, et d'y profiter de l'animation: groupes de musique, vendeurs divers et parades de bateaux décorés.
L'atmosphère est festive, et coincide avec le retour du temps sec et presque frais (cela fait 2 jours que je n'ai pas allumé la clim', même pour dormir). Cependant, cela reste un évènement peu photogénique. Je m'attendais à voir la rivière illuminée de bougies, mais la petite taille de celles-ci, et l'agitation des eaux de la Chao Praya ont vite raison des petites lumières, et ce n'est que par intermittence que l'on aperçoit les radeaux.

D'autres iront déposer leur Kratong dans des lacs, fontaines voire même piscines... (c.f. photo) C'est probablement dans ces eaux plus calmes qu'ils sont les plus jolis à observer... Mais le but reste de faire partir ses soucis avec eux, c'est plus difficile dans un bassin fermé.


Loy Kratong fait partie de ces jolies fêtes de la Thaïlande. D'origine religieuse mais finalement plus teintées de poésie que de rituel. On m'a dit qu'à Chiang Mai, la fête était l'occasion de lâcher des milliers de ballons-lanternes dans le ciel... Les photos que j'en ai vu sont féériques. Je tâcherai d'aller voir ça l'an prochain!

jeudi 30 octobre 2008

La Thailande Sauvage

Dire que la Thaïlande est une grosse destination touristique est un euphémisme.
Près de 15 millions de touristes visitent le pays chaque année, ce qui est loin du record de la France (80 millions), mais place le pays au deuxième rang en Asie (derrière la Chine).

Pourtant, il reste encore possible de sortir des sentiers battus et rebattus. Eviter les Pattaya et autres Phuket reste très facile. La plupart des guides ont l'honnêteté de le recommander d'ailleurs, et leurs conseils sont d'une manière générale très avisés.

A l'occasion de la visite de mes parents, nous avons décidé de partir 3 jours dans le Parc National de Khao Yai.
Khao Yai signifie "grande montagne"... comme son nom l'indique donc, c'est une région vallonnée. Elle se situe à moins de 200km au nord-est de Bangkok, et est donc accessible en voiture en 2h (ou 4h s'il y a des bouchons dans la capitale).
Pour plus de liberté de mouvement, nous avons loué une voiture. Le calcul est intéressant car le coût de location reste raisonnable (environ 45€ par jour pour une petite berline) et l'essence est à un prix qui nous paraît dérisoire (environ 0,5€/L au moment où j'écris ces lignes).
Pour louer une voiture en tant que touriste, c'est assez simple, il suffit d'avoir fait faire le permis International à la Préfecture avant de partir (c'est en fait un simple livret qui traduit le permis) puis se présenter au bureau de location (il y en beaucoup).
Ceci dit, j'aurais tendance à ne pas recommander une telle location, tout du moins si cela implique la conduite dans Bangkok. La circulation y est dense, et les Thaï assez calmes, mais il y un certain nombre d'habitudes et de règles implicites qui sont bien différentes de chez nous et qui nécessitent d'avoir circulé pas mal dans le pays avant de les avoir assimilées. En ajoutant à cela la conduite à gauche, la multitude de motos qui dépassent de tous les côtés dans 
les bouchons et la relative difficulté à s'orienter dans la capitale, et vous aurez compris ma prude
nce.

Armé de mes 10 mois de taxi (en tant que passager, certes), j'ai tenté le coup, et m'en suis sorti sans dommage.
Une fois quitté le coeur de la capitale, la conduite est plus tranquille. Khao Yai n'est qu'à quelques pas de Bangkok, et à peine les premières pentes grimpées, on sent l'air se faire moins étouffant. La région de Khao Yai est notablement plus te
mpérée que Bangkok. Moins humide, moins chaude, les nuits peuvent être fraîches... enfin, tout est relatif, cela veut juste dire qu'il faut prévoir un gilet. Oubliez la parka.
Ce climat agréable et la proximité avec Bangkok explique pourquoi beaucoup de citadins y passent leurs week-end, voire possèdent une résidence secondaire là-bas... et en particulier des Occidentaux, en mal d'un peu de fraîcheur. On les comprend.


De nombreux hôtels, lodges et résidences secondaires se situent à proximité de l'entrée nord du parc. Nous avions réservé au Khao Yai Garden Lodge (http://www.khaoyai-garden-lodge.com). Les chambres nous ont agréablement surpris par leur grande taille et la décoration traditionnelle. Cependant, il existe de nombreux autres logements tout au long de l'unique route menant au parc, et il semble facile d'y arriver sans avoir réservé. Pour les plus aventureux, il est possible de camper dans le parc, où d'y louer des bungalows spartiates.

L'intérêt de loger dans de tels "lodges" est qu'ils vous proposent aussi des services d'excursions à la journée ou la demi-journée.
Nous avions décidé de se débrouiller tous seuls pour la première journée. Arriver par le sud du parc, le traverser de part en part (c'est facile, il n'y a qu'une route) et de s'arrêter quand on avait envie. 
C'était une très bonne idée: par chance (ou clairvoyance, comme vous voulez) nous nous sommes arrêtés là où l'excursion organisée du lendemain ne nous emmènerait pas. A peine entrés dans le parc, un panneau nous indique la proximité d'une des nombreuses chutes d'eau du parc. C'est l'occasion de faire un pique nique... et le ciel est avec nous: un joli soleil apparaît alors qu'on arrive sur les lieux, faisant éclater les couleurs des dizaines de papillons venus là pour se désaltérer.
Maman n'a pas beaucoup mangé... mais a compensé en ramenant des dizaines de photos splendides. Et nous ne savions pas que ce n'étaient que les premières d'une longue série.

Repartis en voiture vers le nord, nous croisons sur la route des Macaques puis nous faisons un arrêt au "Visitor Center". Super! Un chemin découverte d'environ 1200m a été balisé et pavé. C'est l'occasion de faire un petit tour rapide dans la forêt.
Malheureusement, aucun des nombreux panneaux situés à l'entrée ou au cours de la ballade ne mentionnent l'importance d'aller emprunter des guêtres dans le petit bâtiment caché là-bas, dans le coin. Après 10 minutes de "oooh" et "aaah", nous avons réalisé que, même dégagé, même pavé, même en bordure... la jungle reste la jungle, et les sangsues sont tout aussi actives. Forcément, nous avons fini la ballade un peu au pas de course. Pour info, des chaussettes épaisses ne constituent en rien une bonne protection. Ca se faufile partout, à une vitesse étonnante et seules des guêtres en coton serré et bien arrosée d'anti-moustique décrocheront ces sales bêtes.
Heureusement, ce n'est pas douloureux, et, comme elles sont toutes petites, elles se retirent facilement (sans avoir besoin de les brûler comme dans les films).



Pas tant que ça refroidis par cette aventure, nous avons continué notre exploration, croisant de nouveaux papillons, un gros lézard aquatique, quelques oiseaux et des biches.

Après une nuit agréable (pas besoin ni de clim', ni de ventilo), nous partons, cette fois-ci, équipés et encadrés. Le savoir-faire du guide est impressionnant. Même à 50km/h dans le pick-up, il était capable de dénicher un Kalao caché dans un arbre au loin.
Grâce à lui, nous avons crapahuté presque 4 heures au coeur de la jungle. Cette fois dans des petits chemins à peine tracés, un peu glissants et vraiment exotiques.
C'est l'immersion complète. On perd facilement ses repères, la végétation monte très haut et semble mener un combat constant. Les arbres grandissent, les lianes les étouffent, les termites les mangent... Le bruit des criquets, singes et oiseaux est presqu'assourdissant. Ils sont partout autour, et pourtant si difficiles à voir.

Heureusement, le guide est là pour vous dire où regarder, et grâce à sa longue vue, l'observation est formidable. Il est même possible de l'utiliser pour prendre des photos avec son petit numérique... Mais rien ne vaudra un appareil Reflex avec un gros téléobjectif (spéciale dédicace à Maman, véritable photographe animalier amateur).

Nous avons vu des Kalaos et de nombreux autres oiseaux colorés, croisé des macaques, des gibbons, une vipère d'un vert éclatant, des dizaines d'espèces de papillons et même croisé à plusieurs reprise des traces d'éléphants.
Ceux-ci sont cependant très farouches et, au dire des guides, presqu'impossible à apercevoir tant ils se fondent dans la végétation. Il reste aussi une dizaine de tigres dans le parc. Eux non plus ne sont pas aperçus souvent, et, dans un sens, c'est tant mieux.

Vous l'aurez compris, c'est la tête (et la carte SD) remplie d'images fabuleuses que nous sommes repartis de ce week-end, bien loin des sentiers battus.


Pour plus de photos de ce week-end, allez ici: http://www.flickr.com/photos/mr_jyf/sets/72157608414611406/

vendredi 24 octobre 2008

Bilan des Courses

De nombreuses personnes se sont étonnées de mon silence des dernières semaines.

Je m'en excuse... j'ai cependant ainsi découvert avec plaisir que de nombreuses personnes suivent ce blog avec assiduité, et je dois dire que c'est très motivant.

La raison de ce silence est que j'ai passé une bonne partie du mois d'octobre en vacances... en France. Hé oui, c'est "l'effet miroir" de l'expatrié.
Alors j'aurais pu tenter de vous faire découvrir ce beau pays mais la plupart d'entre vous le connaissent suffisamment.

J'aurais pu aussi tenter quelques billets d'humeur quant à l'actualité locale, mais je crois que vous êtes suffisamment abreuvés, voir étouffés par la répétition des mots "pouvoir d'achat", "crise", "bourse" et autres leitmotiv journalistiques.
L'intoxication est telle qu'elle transparait dans les questions qu'on m'a posé à propos de la Thaïlande. J'ai eu le droit à d'innombrables "Et là-bas, c'est la crise aussi?", "Et le pouvoir d'achat il baisse là-bas aussi?" (cette inquiétude du fin de mois est, de façon assez surprenante, souvent accompagnée d'un "Tu crois que je peux acheter un écran plat 105cm moins cher à Bangkok?", comprenne qui pourra).



Alors si ça peut "rassurer" tout le monde, c'est pareil ici. Il y a quelques mois, tout le monde (surtout les propriétaires de 4x4) se plaignaient des prix de l'essence, aujourd'hui on est inquièts pour ses placements et son emploi.
La différence c'est peut-être que les Thai s'efforcent d'éviter de se lamenter trop sur leur sort.

Ensuite, ma visite fut l'occasion pour moi de refaire le plein de bonnes choses: charcuteries, fromages, desserts. Rien que des trucs géniaux pour la ligne.
J'ai aussi été presque émerveillé du calme, de l'ordre et de l'aspect policé de mon pays, tant cela contraste avec la joyeuse croissance anarchique de Bangkok. C'est fort agréable d'avoir un oeil presque neuf sur ces choses. Elles paraissent vraiment plus belles, et il est aussi beaucoup plus facile de se rendre compte du confort de vie qu'on y trouve.

Mais tout cela n'a duré qu'un temps. Me revoilà au pays de la chaude moiteur, des tuk-tuk bruyants et de la bouffe super épicée.
Trop cool!!! :-)

lundi 29 septembre 2008

No Comment

Bah... on a mis à peine moins d'un an pour s'en rendre compte.

Merci à Seb et Laure ;-)

lundi 22 septembre 2008

Le vent tourne (?)

La situation politique de la Thaïlande n'a, en apparence, pas vraiement bougé.

Malgré l'éviction du Premier Ministre Samak, les supporters de l'opposition, le PAD, n'ont pas levé leur occuppation des jardins de Government House. Il faut dire qu'ils reprochaient à Samak d'être une marionnette de Thaksin (l'entrepreneur ex-premier ministre éxilé à Londres), mais le parlement a élu, à sa place... le beau-frère du dit Thaksin.
Il cependant a déclaré n'avoir aucun lien avec son beau-frère. Les politiciens ici n'ont vraiment pas froid aux yeux. Même mouillés, voire trempés dans des affaires louches, même en cours d'appel pour condamnation pénale, ou pris en flagrant délit de mensonge, ils restent en place, et personne ne s'en offusque.

Le PAD, a pourtant commencé à envisager, pour la première fois, de négocier. Ils sentent le vent tourner. Ils ont obtenu du changement, même indirectement, et ils sont en train de comprendre que la plupart des gens supportent, non leur mouvement, mais leur opposition à la "dynastie" Thaksin.

La classe politique de Thaïlande est dans un état déplorable. Elle est principalement constituée d'ex-entrepreneurs ou d'anciens juges, policiers et généraux. Bref, des gens avec plein de connexions, et donc plein de conflits d'intérêt.
Leur efficacité à conduire le pays est très loin de celle qu'ils montrent pour servir leurs propres objectifs.
Même le PAD, "Alliance Populaire pour la Democratie" tient cette dernière en si haute considération qu'ils envisagent de réduire (et de beaucoup) l'importance du suffrage universel... Notamment pour limiter l'influence des votes des campagnes, qui ont tendance à élire les populistes de la clique de Thaksin.

Pourtant, de nombreuses voix censées se font entendre. Elles appellent l'opposition à convaincre et non à forcer. Elles donnent, dans la presse surtout, des analyses subtiles de la situation et proposent des solutions intelligentes et de réels idées à long terme pour le progrès du pays. Mais ces voix sont universitaires... et le resteront.
Parce qu'ici, pour faire de la politique, il vaut mieux être copain avec ceux qui ont les sous (secteur privé) ou la force (police et armée).
Etre compétent n'entre pas en ligne de compte.

Jusqu'à ce que cette petite corruption de tous les jours disparaisse, la modernisation du pays sera bloquée par des milliers de petits intérêts privés. Les lois seront contournées et, à l'image de l'urbanisme de Bangkok, le développement sera anarchique et peu efficace.
Quel dommage. La Thaïlande a besoin d'organisation plus que de fonds.

dimanche 21 septembre 2008

Avec télé(phone)-magouille, on s'en fout, plein les...

Au cas où certains d'entre-vous n'en seraient pas encore convaincus, les opérateurs de téléphonie français s'en mettent outrageusement plein les poches.


La preuve? Si l'on fait abstraction des amendes astronomiques payées il n'y a pas si longtemps pour "entente sur les prix" et le forcing fait par Bruxelles pour une diminution des prix du roaming (appel depuis l'étranger avec votre mobile, dont le tarif élevé ne repose sur aucune raison technique ou économique à l'intérieur de l'Europe),  une simple petite comparaison fera démonstration.

En Thaïlande, vous pouvez acheter une carte prépayée pour 200 baht (4€), elle viendra avec 100 baht de crédit (soit 2€). Cette carte prépayée de base vous permet d'appeler fixes et portables du pays pour... 0,75 baht/min, soit 0,015€

Maintenant comparons ul'équivalent français. Une SFR "la carte" vous facturera les appels à... 0,40€/min.

C'est 25 fois plus cher.

Alors oui, le coût de la vie est moindre ici. Environ 2 à 3 fois moins qu'en France. Mais pas 25 fois...

Conclusion: gling gling! C'est le bruit de la caisse enregistreuse... des opérateurs mais aussi, probablement des publicitaires. Contrairement à chez nous, on n'est pas vraiment innondés de pubs pour les nouveaux forfaits ici.

mercredi 17 septembre 2008

Des Immeubles Disco

Nous avons passé le week-end dernier à Hong-Kong, pour faire un peu de tourisme et rendre visite à des amis.
Deux jours, c'est court, mais suffisamment pour avoir eu un aperçu très alléchant de ce que cette ville a à offrir. Le contraste avec Bangkok est saisissant. Richesse économique et influence Britannique ont fait de cette métropole une ville moderne, organisée et agréable.

Hong Kong n'est pas une agglomération coincée sur un petit bout d'île. Son territoire est vaste, et la ville est répartie sur plusieurs îles assez proche les unes-des autres, mais laisse une grande place à la nature. Le relief est escarpé, et les constructions restent cantonnées au bord de mer, organisant un paysage splendide, de montagnes verdoyantes et de gratte-ciel modernes se refletant dans la baie.

Les Thaï adorent aller à Hong Kong pour le shopping, malgré plus de 2h de vol. Je m'attendais à une profusion de petits magasins de rue pas chers et des prix canons... Pas du tout! Les prix sont, globalement, plus élevé qu'en Thaïlande.
En fait, je suppose que le plaisir qu'ils ont à s'adonner au shopping ici vient du fait qu'il est agréable de se ballader dans la ville. Il y a de vrais trottoirs, plats et pas encombrés. Les rues bien dessinées et de nombreuses zones sont piétonnes, notamment le long de la baie... Exactement le genre de choses qui manquent à Bangkok. Bien sûr, le niveau de richesse est différent. Hong Kong, plateforme économique et logistique mondiale peut se le permettre: nombreuses lignes de métro, de ferry et de bus interconnectés, que l'on peut prendre avec une seule et unique carte Octopuss. Sans oublier les nombreux bâtiments culturels, bibliothèques et musées ultra-modernes.
Il y a même, tous les soirs, un spectacle extraordinaire de "son et lumière" synchronisé à l'échelle de la ville. Les plus grands buildings clignotent et scintillent en rythme.
L'opulence crève les yeux.
Mais je ne peux m'empêcher de penser que, avec un peu de volonté, Bangkok pourrait, elle aussi, proposer ce genre de déambulaions agréables. Mais l'histoire nous montre que, malheureusement, les politiques de Thaïlande sont tout sauf intéressés par le développement à long terme. L'urbanisation de Bangkok est anarchique. Les nouvelles lignes de Skytrain sont toujours reportées, et la mairie de Bangkok ne cherche visiblement pas à planifier quoi que ce soit. Il serait pourtant tellement facile de transformer les rives de la Chao Praya en un bel endroit de promenade, agrémenté de restaurants, bars etc...

Pourtant, malgré le côté policé de la ville, nos amies de Hong Kong sont unanimes: elles préfèrent Bangkok. HK est impeccable, agréable... mais personne n'en profite. La pression sociale à la réussite est énorme. Les Hongkongais passent leur vie au travail, et ne profitent, finalement, que très peu de ce bel environnement. Le fameux "sourire thaï" manque énormément à ceux qui en ont fait l'expérience.

Celles qui en profitent presque le plus, ce sont les milliers (millions?) de bonnes Philipino qui, à l'occasion de leur congé hebdomadaire du dimanche, se retrouvent aux quatre coins de la ville pour un pique-nique. L'image est extraordinaire. La ville semble avoir été transporté à Manille...

Pour notre part, nous n'avons pas pique-niqué, nous avons profité des conseils avisés de Rachel et Steffi qui nous ont amnés dans les restaurants les plus typiques de HK. Ici s'arrête l'influence Britannique et commence la culture chinoise: la cuisine est délicieuse!

mardi 9 septembre 2008

Un dénouement culinaire à la crise politique

La surprise du chef!


Le Premier Ministre Samak, abhorré de nombreux Thaïlandais notamment pour ses liens avec son prédécesseur Thaksin a été démis de ses fonctions il y a quelques minutes.
Pas par le sénat ou le parlement.
Pas par les manifestants du PAD qui campent depuis deux semaines dans les Jardins de Government House.

Mais à cause de son goût pour la bonne bouffe.

Véridique!

La Cour Constitutionnelle de Thaïlande vient de rendre son verdict. L'activité de présentateur d'émission culinaire que Mr. Samak exerçait avant sa nomination et qu'il a continué au moins à deux reprises depuis sa prise de fonction est rémunérée. Les sommes perçues ne sont pas des dédommagements mais bien un salaire versé par un employeur... ce qui est contraire à la Constitution, sui stipule que le Premier Ministre, durant son mandat, ne peut exercer de telle activité.

Plusieurs remarques me viennent à l'esprit.

D'abord, bravo à ce qui ressemble pas mal à une pirouette.
Cette destitution arrange presque tout le monde. Le PAD, qui réclamait la démission en préalable à toute discussion a ce qu'il veut sans que le gouvernement n'ait eu réellement à céder. Même Samak s'en tire sans vraiment perdre la face... démis pour une petite entorse pas bien grave au règlement, il part sans baisser la tête.
De là à imaginer que la décision des juges à été influencées par leur désir d'offrir une possibilité d'issue à la crise, il n'y a qu'un pas.

Ensuite, je ne peux m'empêcher de sourire quant à la raison de cette destitution, et à la parfaite illustration de l'état de la classe politique Thaïlandaise que cet épisode met en lumière.
Vous nous voyez élire Maïté? Hé bien ici, ça ne leur fait pas peur. Entre un présentateur d'émission de cuisine et un magnat des télécoms multi-millilonaire, les premiers ministres se suivent et se ressemblent.

Les prochaines heures nous en diront beaucoup sur l'avenir de la crise politique.

jeudi 4 septembre 2008

Crise politique en Thaïlande: Vers une issue démocratique?

Après la proposition de négotiation annoncée hier par le parti d'opposition PAD, c'est au tour du gouvernement de Mr. Samak de faire un pas vers une conciliation.


Cette "trève" est encore très fragile, mais après presque 48h sans incidents, une issue démocratique semble se dessiner.
Le cabinet du Premier Ministre a en effet décidé de mettre sa légitimité à l'épreuve d'un référundum national.
Cette proposition doit désormais être validée par le Sénat, et la formulation exacte du Referundum être décidée par le Conseil d'Etat, mais c'est une véritable avancée après plusieurs semaines où chaque camp s'est contenté de camper fermement sur ses positions.

On attend  désormais la réaction officielle du PAD.
Ce referundum est probablement la meilleure option de sortie de crise... les prochaines heures nous permettront sûrement de voir plus clair.

mercredi 3 septembre 2008

Blogspot bloqué, censuré?

Depuis deux ou trois jours, l'accès à la page me permettant de poster mes articles est aléatoire.
Il semble que je ne sois pas le seul touché en Thaïlande.

Certains parlent d'un blocage volontaire.

Ce ne serait pas la première fois cependant. Youtube a été bloqué pendant un certain temps il y 2 ans, suite à une vidéo insultante pour le roi qui s'y trouvait, et il y a un historique de blocage "mal faits": a l'origine, seul un site (ou un blog) est visé, mais les techniciens se plantent et bloquent, par exemple, l'ensemble des blogs.

En ce qui concerne la situation politique, la nuit a été calme. Le PAD a même ébauché l'idée d'un compromis...


Mise à jour:
Ca remarche... Néanmoins, il semble que personne à Bangkok n'avait accès, alors que le reste du monde pouvait se connecter. Ca sent la boulette technique lors d'une tentative de blocage d'un blog.

mardi 2 septembre 2008

Le Sang a coulé

Cette nuit, ce que tout Bangkok redoutait est arrivé: un affrontement violent entre pro et anti gouvernement a provoqué la mort de l'un des participants.

Depuis dimanche, un groupe de militants supportant le gouvernement et se proclamant du "Front Démocrate Uni contre la Dictature" se rassemblait à proximité de Government House, où le parti de l'opposition (le PAD) tient siège depuis une semaine.
Ces quelques militants pro-gouvernements (reconnaissable à leurs bandeaux rouges, alors que les manifestants du PAD portent du jaune) étaient visiblement là pour en découdre: armés de batons et de casques.
Certains affirment qu'ils auraient été payés par des personnes ayant intérêt à ce que les chses dégénèrent. On parle de 200 Bahts (4€) par jour, ce qui, même ici, est assez peu et fait penser à un groupe de mercenaires désoeuvrés. Mais ce n'est pas la première fois qu'on entend ce genre de choses, et jusqu'à présent, peu de preuves tangibles ont été montrées.

Aux environs de 2 heures du matin, un millier de ces manifestants se sont dirgés vers le lieu de la manifestation. Ils ont finalement réussi à briser le cordon de police qui tentait de garder les deux groupes séparés.
Les affrontements ont duré une quinzaine de minutes, avant que la police, cette fois renforcée par l'armée, n'arrive à ramener l'ordre.
Pendant ce temps, une dizaine de manifestants ont été blessés et l'un d'eux est décédé, frappé au thorax par une balle tirée par un manifestant pro-gouvernemental non identifié.

En conséquence, le Premier Ministre a décidé ce matin à 7h00 (heure locale) de déclarer l'état d'urgence à Bangkok.
C'est la première fois que cette possibilité (offerte par la nouvelle constitution édictée suite au putsch de 2006) est utilisée.
Beaucoup s'interrogent sur les conséquences de cette décision. Pour l'instant, cela signifie qu'un Centre de Commande des Opérations de Sûreté Internes (ISOC) est désormais en charge de la Sécurité à Bangkok.
Le Premier Ministre est à la tête de cette entité, qui sera en réalité sous le commandement conjoint de la police et de l'armée, tentant de faire en sorte que ces affrontements ne se reproduisent pas.

L'issue de cette crise politique est toujours incertaine. Le gouvernement et Samak n'envisagent pas de démissioner, et le PAD ne veut pas se retirer de Government House. Une négociation reste possible, mais prendra beaucoup de temps. Chaque côté semble attaché à ne pas recourir à la violence, mais aucun ne veut perdre la face.
Les évènements de la nuit passée ont montré que, plus longtemps la situation durera, plus grand sera le risque de voir le sang couler de nouveau.

lundi 1 septembre 2008

Une odeur de barricades

Aujourd'hui, je suis encore au chômage technique.
Les manifestants du PAD sont toujours là, à quelques metres de mon lieu de travail, qui reste donc fermé (au mieux) jusqu'à mercredi.

Mais ce matin, il a quand même fallu que je m'y rende, afin de remplir quelques paperasses qui me permettront d'avoir ma paye à la fin de la semaine.
C'était l'occasion d'aller voir ce qu'il se passe... j'ai pas pu résister. J'ai même ramené quelques photos (pour une fois, je pompe pas les sites de news).

La première constatation, c'est que c'est calme. Peut-être l'heure très matinale de ma visite y est pour quelque chose. Toujours est-il que, comme je l'avais dit dans un post précédent, on est loin des images d'insurrection et de violence que l'on peut voir dans les journaux.

Violence il y a eu. Certes. Mais d'une ampleur étonnament limitée en regard du nombre effarant de manifestants (plusieurs dizaines de milliers, et ce depuis plus d'une semaine). Le tout se limite à quelques bleus.
L'utilisation de quelques grenades lacrymogènes samedi fait même grand bruit. La police et les manifestants se renvoyant la balle, chacun affirmant que c'est l'autre qui les a lancées. Le PAD, un peu gonflé, a même porté plainte contre la police pour cela (sic!).

Dans le Bangkok Post, le Directeur de l'Institut d'Etude des Relations Internationales de Thailande tente de comprendre pourquoi la réaction de la police est si mesurée.
Cette prudence s'expliquerait par le souvenir encore très vivace du massacre lors des manifestations étudiantes d'Octobre 1976 et celui de la répression des manifestations de 1992.
Le Premier Ministre Samak, est connu pour être un peu soupe au lait, et même souçonné d'avoir joué un rôle dans les évènements de 76... c'est probablement pour cela qu'aujourd'hui il joue la carte de l'apaisement.

Mais cette tolérance a un effet notable: elle laisse complêtement libre de mouvement les manifestants du PAD. Leur installation est impressionnante. Les moyens sont là: grandes tentes, quartiers de stockage de vivres, infirmerie, toilettes mobiles.
Les petits vendeurs ambulants se frottent les mains. Ils ont amenés leurs charettes au coeur du campement, approvisionnent et divertissent les protestataires.

Autour, de solides barricades ont eu largement le temps d'être installées: barrières de métal, cartons et même barbelés. Derrière, bâtons, casques et boucliers en contreplaqué sont prêts à être utilisés, au besoin.

On ne sent pas vraiment de tension. La présence policère est discrète, le trafic (et les bouchons) continuent comme tous les jours au pied même des palissades... mais on ne voit pas non plus comment la situation peut se débloquer.

Au cas où, des ambulances sont stationnées à proximité des lieux, mandatées par l'une des princesses de la famille royale.

Peut-être la majorité silencieuse, celle qui n'aime ni Samak et son "chef spirituel" Thaksin, ni les agissements du PAD, va-t-elle finir par se faire entendre. Des universitaires tentent de lancer une opération "ruban blanc", pour que la population montre son attachement à la démocratie plus qu'à l'un des deux camps qui se chamaille aujourd'hui.

dimanche 31 août 2008

Le Buzz de Palin

Rien a voir avec la Thaïlande... mais le buzz enfle, et pour une fois je vais m'en faire le relai.

C'est quoi le buzz? C'est le bruissement de l'activité des internautes, bloggeurs, journalistes du net et autres acteurs du web autour d'une information neuve et potentiellement importante.
C'est un peu ce qui se passe dans une rédaction "classique" juste avant l'annonce d'un scoop.
On ne sait pas encore si c'est du lard ou du cochon, mais on s'agite, on cherche à en savoir plus, on échange les infos.

Le gros buzz du moment concerne candidate républicaine à la vice-présidence des Etats-Unis.

Rien que ça.

Actuellement gouverneur de l'Alaska, Sarah Palin a été le choix surprise de John McCain pour l'accompagner dans la course à la présidentielle.
Elle est sa caution "féminine", et "ultra-conservatrice". La dame est notamment connue pour ses positions très fermes contre l'avortement et tout moyen de contraception. Pronant l'éducation à l'abstinence, un point c'est tout.
Elle a donné naissance au petit Trig, son cinquième enfant, en Avril dernier. Celui-ci est malheureusement atteint du syndrome de Down.

Jusque-là, rien de bien spécial. Une vraie belle famille conservatrice à l'ancienne comme on les aime. Mais la blogosphère gratte un peu, et découvre beaucoup de choses étranges autour de cette naissance et commence à suspecter l'impensable: le bébé serait en fait celui de son ainée, Bristol, agée de 16 ans.
Forcément, si c'était vrai, ça mettrait un grand coup à ses théories quant à l'éducation sexuelle des adolescents.

Ce qui est intéressant, c'est de suivre, presque heure par heure l'arrivée de nouvelles informations. Par le biais des blogs, des commentaires, des liens et des "diggs" (sorte de "votes" d'internautes quant à l'interêt d'un article), les données s'accumulent... principalement glanées dans les archives des quotidiens locaux et nationaux.

Des sources en théorie sérieuses, donc...
Les coincidences sont nombreuses et troublantes. Vous trouverez la liste des arguments affirmant et infirmant cette thèse ici: http://www.ireport.com/docs/DOC-69834 (en anglais).
Parmi ceux qui amènent beaucoup de questions on trouve:

  • des photos officielles prises dans les dernières semaines avant l'accouchement (7ème mois) qui montre une Sarah bien svelte et active alors que Bristol a visiblement pris un peu de bedaine. J'ai repris ici celle du "Anchorage Daily News" présentant la future maman (à droite) lors du "Super Tuesday", soit en théorie à 7 mois de grossess.
  • un accouchement rocambolesque puisque le travail est censé avoir commencé alors que Sarah Palin était en train de donner une conférence à Dallas. Elle a alors pris l'avion direction l'Alaska, avec un stop à Seattle. 8 heures de vol (plutôt contre-indiqués) avec une maman en plein travail sans qu'aucun personnel navguant ne se rende compte de rien.
  • l'absence prolongée (4 mois) à son lycée de Bristol, officiellement dûe à une mononucléose, pendant cette même période de fin de grossesse.

Comme toujours, ces informations sont à prendre avec du recul. Les sources sont à considerer avec circonspection, certaines étant bien plus recommendables que d'autres. Bref, il faut avoir un esprit critique lorsqu'on navigue ainsi sur le net.

Mais je crois que ce conseil est valable aussi pour les autres médias. N'avez-vous pas remarqué comme nos amis journalistes sont prompts à pointer du doigts les défaillances des "nouveaux médias" comme Wikipédia?
M'est avis qu'ils se sentent menacés dans leur monopole de l'information et de la parole: "Quelle horreur ce Wikipedia! Tout le monde peut y écrire, même s'ils ne font pas partie de la corporation... et pire! Ils doivent justifier de la crédibilité de leurs informations, en révélant sources et citations. Une hérésie!!!"
Je vous engage à regarder les commentaires laissés par les lecteurs des versions "électroniques" de grands quotidiens tels Le Monde ou Libération. Il est très facile de trouver des articles dans lequels un lecteur avisé décèle une approximation coupable, voire même un grave contresens.

La nouveauté, c'est qu'ils ne sont plus réduits à s'écrier "Oh la bourde!" seuls dans leur fauteuil.


Mise à Jour (le 02/09/08):
Sarah Palin et le camp républicain démentent la thèse selon laquelle le petit Trigg serait en fait le fils de Bristol Palin... et, en même temps, annoncent que cette dernière (désormais agée de 17 ans) est enceinte (sic!).
Pour une famille si persuadée de la supériorité d'une éducation conservatrice, ca me paraît être assez décrédibilisant.